Cameroun - Femme

Soa :Sexe, tourisme : la couleur de l’argent

 

 

Certaines personnes soutiennent qu’il n’y aurait plus aujourd’hui de différence entre le travail et le loisir, mais une seule catégorie qui serait l’activité.

En même temps, ces personnes affirment que les prostituées ou les personnes qui assureraient ce service le feraient par choix. Mais lorsqu’on leur demande pourquoi il ne s’agirait pas de bénévolat, elles répondent que si c’était le cas, ces personnes n’assureraient pas ce service. De ce fait, elles reconnaissent que les personnes qui assurent un service sexuel tarifé ne le font pas librement, mais de manière contrainte.Voyage au cœur d’une cité où le corps et le sexe sont pris en otage. Soa, localité située à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé, la capitale qui doit sa réputation aujourd’hui à cause du démembrement de l’Université de Yaoundé devenue trop étroite pour contenir la masse estudiantine. On parle maintenant de l’Université de Yaoundé II. Ici, «on croque la vie, le sexe avec». Voici comment.

 

 

Premier arrêt : une partie des cités universitaires


Une chambre au prix d’hôtel


En lieu et place des hôtels et auberges, les filles reçoivent leurs  «gros poissons»  dans les chambres. Soa, samedi 21 janvier à 12 heures. Arnaud M., la cinquantaine  révolue, à bord de sa Toyota Corolla bleue marine, amorce le petit sentier qui mène à la mini cité Tulipe. Il a juste le temps de garer,  qu’une jeune fille, la vingtaine, postée à l’entrée lui fait signe de la main droite. Vêtue d’un mini short blanc et d’un décolleté rouge, Laetitia, fait un baiser rapide à son invité avant de le conduire dans sa chambre. L’homme ressort du lieu d’habitation de la concernée,  quelques heures plus tard et s’en va. La jeune fille qui a tenu à ce que l’anonymat soit préservé sur son nom nous expliquera plus tard qu’il s’agit d’un homme qu’elle a rencontré lors d’une de ses virées dans les night clubs et aurait préféré que ce dernier vienne passer du bon temps chez elle. Comme ce dernier, la jeune étudiante en droit préfère particulièrement que tout se passe dans sa chambre où elle est plus en sécurité. «Je suis à l’Université de Soa depuis bientôt deux ans. Depuis que je suis dans un réseau de filles, je préfère particulièrement que mes «djos» (clients) me retrouvent chez moi. C’est plus sécurisant  et surtout on ne doit pas aller dans les auberges ou hôtels qui ne sont pas très hygiéniques et même, il faut  dépenser moins d’argent qui m’est réservé». Par la même occasion la jeune fille dit recevoir par semaine au moins sept hommes qui paient bien et elle prétend leur rendre des services de qualité.

Un lit pour tous

Dans le même cas que Laetitia, de nombreuses autres jeunes filles reçoivent chaque jour des hommes dans leur lit. Sans égards pour leur âge et sans regard non plus pour leur poids. Comme ironise Laurent Ngoa, étudiant, résidant dans une cité de cette banlieue. «Ma voisine de palier reçoit chaque jour des hommes différents dans sa chambre. On a déjà vu de toutes les couleurs et de tous âges. Son lit est un passe partout.» N’en déplaise à ce dernier, car les filles ont pour règle principale d’amener leurs amants d’un soir à la maison. «On est jamais assez bien que chez soi» poursuit une étudiante qui croit savoir que l’un des avantages primordiaux est de pousser les différents clients à payer plus cher. Elle explique : «lorsqu’un monsieur arrive dans ma chambre et trouve ma chambre super équipée et bien rangée il ne pourra pas s’en aller sans me donner moins de 20.000 FCFA. Car le style même de ma chambre influe positivement sur son porte monnaie». Pour les différents clients, impossible de recueillir une réaction de l’un d’entre eux. L’essentiel, c’est de se croire en sécurité et loin des regards.

Larissa Audrey MAMA (stagiaire)  

 

La Nouvelle Expression Publié : Vendredi le 24 Février 2012 07:28:33 53001 hit(s) 3 commentaire(s) Société Imprimer Envoyer cet article à

 

 

LES COMMENTAIRES

gregoire a commenté l'article
le Dimanche 10 Mars 2013 à 14:29:05
c est vraiment dommage pour un pays comme le notre et dire ke les etudiants sont le socle du developpement de notre pays


NGAS a commenté l'article
le Jeudi 28 Février 2013 à 03:34:29
ceci est dur au fait que les jeunes ne mettent certainement pas le CHRIST JESUS au centre de leur vie...


duclos a commenté l'article
le Dimanche 26 Février 2012 à 15:58:08
@moutéguéné elles cherchent la facilité c'est tout


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