Cameroun - France. Les présidents Biya et Hollande fixent les nouvelles priorités de la coopération franco-camerounaise

Agence Ecofin Jeudi le 31 Janvier 2013 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
(Agence Ecofin) - François Hollande, Président de la République française a reçu hier après-midi à l’Elysée son homologue camerounais Paul Biya.

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Ils ont eu un échange approfondi sur la situation au Mali et sur l’engagement de la France aux côtés de l’armée malienne, à la demande des autorités de ce pays et dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le Président camerounais a exprimé le soutien de son pays à la décision de la France.

Cet entretien a également été l’occasion, pour François Hollande, de souligner les principes de dialogue et de franchise qui doivent guider les relations entre la France et le Cameroun.

Les deux présidents ont évoqué les priorités de la coopération franco-camerounaise, notamment dans les domaines des infrastructures et de l’environnement, et les perspectives de développement économique du Cameroun.

Ils ont souligné l’engagement des deux pays dans la mise en œuvre du contrat de désendettement et de développement en cours d’exécution sur la période 2011-2016.

Enfin, ils ont également échangé sur les questions de gouvernance, le processus électoral au Cameroun, la protection des droits de l’Homme et la situation des prisons.

A la sortie du palais de l’Elysée, le chef de l’Etat camerounais a répondu aux questions de la presse. Verbatim :

L’entretien avec François Hollande

« D’abord je tiens à remercier le Président Hollande pour l’invitation qu’il m’a adressée. Nous nous étions vus à Kinshasa comme vous l’avez dit. Ce qu’on peut retenir, c’est que les relations franco-camerounaises sont bonnes, je dirais même excellentes. Mais nous avons à faire face à un certain nombre de problèmes, des problèmes de sécurité maritime, la situation au Mali, un peu la situation en RCA. Je profite de l’occasion pour dire que j’ai renouvelé au Président Hollande mon soutien et mon appréciation pour l’action efficace qu’il a ordonnée pour stopper la descente des hordes djihadistes sur la capitale du Mali. C’est une menace contre tous ceux qui aiment la liberté. Ceci a permis de sauver la souveraineté et l’intégrité territoriale de ce pays. Nous coopérons également avec des Etats de la CEMAC et de la CEEAC ainsi que les troupes françaises pour stabiliser la situation en République centrafricaine. Nous avons parlé de tout cela. Surtout aussi, le Cameroun mène en ce moment un programme de modernisation, routes autoroutes, ports, aéroports, etc, agro industries. Nous sommes venus pour demander aux hommes d’affaires français de venir participer à ce grand mouvement de développement que nous avons lancé.»

Sur sa longévité au pouvoir

« Ai-je l’air si fatigué ? Le problème finalement n’est pas là. Je ne suis pas au pouvoir par la force. C’est le peuple camerounais qui m’a élu au milieu de 20 ou 30 autres candidats. Alors évidemment, personne n’est éternel. Mais ce qui me préoccupe maintenant, c’est conduire mon mandat et tenir les engagements que j’ai pris. »

Sur les droits de l’Homme au Cameroun

« Nous avons abordé presque tous les problèmes. Nous n’avons pas de problèmes de droits de l’homme. Voilà un pays où on dit beaucoup de choses. Les Camerounais sont parmi les Africains les plus libres. Il y a combien de journaux ? Une vingtaine, une trentaine, les télévisions, les radios, il n’y a aucune censure. Sur les droits de l’Homme, il n’y a pas de torture, il n’y a pas de disparition. Je sais qu’il y a des personnes qui commettent des délits et qui, pour faire bonne figure, disent qu’ils sont des prisonniers politiques. Quand vous avez détourné des fonds et que les tribunaux vous condamnent. Que voulez-vous qu’on fasse ? Nous sommes un pays où il n’y a pas de prisonniers politiques, il n’y a pas de torture, les gens sont libres. On a plus de 200 partis qui sont libres, des syndicats. »

Sur le cas Thierry Michel Atangana

« Le problème de Michel Thierry Atangana, que j’ai connu dans des dossiers, je ne le connais pas personnellement, donc il ne peut pas être un ennemi politique, c’est un homme qui a été condamné par les tribunaux pour détournement de deniers. Et son affaire est en instance. Il a fait appel et il a saisi également la Cour suprême. Nous attendons la décision de la Cour suprême pour voir ce qu’il y a lieu de faire. Notre souci, c’est qu’il y ait le maximum de gens libres, mais je ne veux pas contrarier les décisions de justice. »

Sur la double nationalité

« Nous y réfléchissons. J’avais promis deux choses : examiner la double nationalité et faire voter les Camerounais de la diaspora. J’ai tenu le premier engagement et je tiens à remercier mes compatriotes qui m’ont élu à près de 80%. Ça m’encourage à aller de l’avant pour l’autre problème. »

Sur l’intégration sous-régionale

« L’intégration ne peut être que collective. Nous nous réunissons. Nous avons une banque d’émission commune. Nous sommes en train de travailler pour qu’il y ait la liberté de circulation des personnes et des biens. Nous faisons des axes routiers. En ce moment, on en fait un pour nous relier au Congo, il y a déjà un qui nous relie au Gabon. Le Tchad et la RCA sont reliés. Nous allons bientôt créer une compagnie aérienne. L’intégration sous régionale avance et nous agissons en concordance dans la situation en RCA. »

Sur l’homosexualité

« Nous n’avons pas abordé ce problème. Avant que je ne sois Président, le Code pénal chez nous, l’article je crois 347 punissait cette chose, ce délit. Maintenant ce que je peux dire, c’est qu’il y a discussion, les esprits peuvent évoluer dans un sens ou dans un autre. Mais actuellement, c’est un délit. Nous venons d’ailleurs d’apprendre que des gens détenus et condamnés pour homosexualité ont été libérés. Il y a une évolution des esprits. Il ne faut pas désespérer. »

Sur le développement de la banane et l’usage des pesticides

« Le gouvernement a beaucoup de problèmes. Pour avoir plus de détails, j’ai amené avec moi le ministre de l’Economie. Nous n’avons pas négligé ce problème. Il fait partie de ceux que nous essayons de résoudre. Les compagnies bananières accroissent l’activité économique, créent des emplois. Nous soutenons toutes les sociétés. »
 

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