Grand dialogue national. Les bons et les mauvais points des concertations chez le Premier ministre

cameroun24.net Le 27 septembre 2019 38016 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Si l’on peut apprécier l’adhésion populaire à la tenue de ce Dialogue et la volonté de faire des propositions, il y a tout de même lieu de déplorer certains manquements liés à la manipulation des finances et aux exigences de certains groupes sociopolitiques.

Exit les concertations relatives au déroulement du Grand Dialogue National. Au cours des deux semaines précédentes, Joseph Dion Ngute a reçu, dans ses services, des dizaines de délégations afin de recueillir les propositions pour la résolution de la crise dans les zones anglophones du Cameroun. Le rythme effréné de ces concertations a permis de peaufiner le cadre des assises prévues dès lundi 30 septembre 2019 au Palais des Congrès, sur les hauteurs de la colline Nkol Nyada. Au terme de ces concertations, des constats mitigés ont pu être relevés relate Ecomatin.

L’un des plus importants est que la quasi-totalité de la population, aussi bien les nationaux que les expatriés, a adhéré positivement à la tenue de ce Dialogue. Il était temps que le président de la République convoquât cet événement, après trois ans d’un conflit qui a déjà occasionné plus de 3 000 décès, des centaines de milliers de déplacés et de réfugiés, avec d’importants dégâts sur l’économie du pays.

L’annonce faite par Paul Biya le 10 septembre a donc suscité un engouement inédit au sein de l’opinion publique. Le ballet des délégations dans les services du Premier ministre à l’Immeuble Etoile de Yaoundé en est un indicateur majeur. Tout comme il a été apprécié la volonté manifeste du gouvernement d’associer toutes les composantes de la société camerounaise en retenant un échantillon très représentatif. Ce qui dévoile les perspectives d’un dialogue inclusif, comme l’ont souhaité, entre autres, la communauté internationale dans son ensemble.  

Outre cet engouement populaire et l’implication de l’ensemble des composantes sociales, il y a en bonne place l’adhésion de certains groupes qui semblaient jusque-là radicalement opposés au Dialogue. Samedi 21 septembre, par exemple, des chefs traditionnels de la région du Sud-ouest se sont prononcés sur la position de certains groupes armés, laquelle découlerait des consultations auprès de la base. Selon eux, ces groupes armés sont prêts à participer au dialogue, si leur intégrité physique est garantie. Et aussi, si tous les prisonniers de la crise sont libérés.

Points sombres  

Cette adhésion a cependant été entachée de plusieurs points noirs. Les exigences de certains groupes sociopolitiques comme préalables à leur participation constituent un obstacle. Grosso modo, et de ce qui a pu filtrer des rencontres tenues à huis clos, de nombreuses propositions se sont éloignées du sujet principal qui est le retour à la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud. L’on peut aussi regretter la décision d’une dizaine de groupes armés, qui refusent de participer aux assises, préférant constituer une plateforme politico-militaire unifiée en vue des négociations de la séparation avec la République du Cameroun.

Parmi les autres aspects ayant contribué à ternir l’image de ces consultations, il y a, en bonne place, la rocambolesque affaire des per diem octroyés à certaines délégations pour assurer leurs « frais de taxi ». La pratique est courante dans le pays, mais l’implémenter dans un moment aussi important de l’histoire du Cameroun pourrait laisser croire que beaucoup de personnalités et de participants y vont juste pour assurer « leurs parts ». L’on a semblé se focaliser sur les billets de banques qui circulaient, au lieu de penser à la résolution de la crise. Ce qui contribue à décrédibiliser l’ensemble du processus.

On peut enfin déplorer l’hyper représentativité du parti au pouvoir dans les délégations des régions qui sont allées rencontrer le Premier ministre. Cette coloration à un seul parti politique laisse à penser au sein de l’opinion que l’on s’achemine vers un monologue du Rdpc, mieux encore, à un « congrès extraordinaire » du parti de Paul Biya, comme certains le surnomment déjà. Quoi qu’il en soit, place maintenant au Grand Dialogue National.

 

Lire aussi : Application des premières recommandations du Grand Dialogue National
Lire aussi : Le recrutement de 500 traducteurs instruit par la présidence de la république à compter de janvier 2020
Lire aussi : Selon Jeune Afrique, les participants au Grand Dialogue National ont touché jusqu’à 400 000 FCFA de per diem

 

Regardez

SUR LE MEME SUJET : Grand dialogue national

DANS LA MEME RUBRIQUE : Opinion

Facebook

ENTREZ VOTRE COMMENTAIRE





Saisissez ce code CAPTCHA code dans la zone de texte ci-dessous

LES COMMENTAIRES

CORONAVIRUS AU CAMEROUN
Confirmé : 5362
Décès 175
Guéri: 1996
Actif : 3191
Source MINSANTE
Mise à jour 27/05/2020 à 20:28:11

 

Les plus récents

Cameroun24 Sur Facebook

Lire aussi

  • Jean Claude Shanda Tonme cré son parti politique

    Le ministre de l'Administration territoriale a signé ce jour la décision légalisant ce nouveau parti.

  • Le Cameroun enregistre 4 nouveaux décès de Covid-19 ce jour

    Le ministère de la santé publique a communiqué les dernières statistiques sur l'état de la pandémie dans le pays a appris cameroun24.

  • Le ministre de la Jeunesse cherche les abonnés par la «force »

    Dans une lettre circulaire que cameroun24 a pu consulter MOUNOUNA Fotsou oblige tous ses collaborateurs à s'abonner sur les plates formes numériques de son ministère.

  • L'archidiocèse de Douala repousse la date de la rentrée scolaire dans ses établissements de formation

    Mgr Samuel Kleda a signé une note que cameroun24 a pu consulter, ajournant la date de rentrée dans les établissements de formation des prêtes dans l'archidiocèse dont il a la charge.

  • Convertisseur

    Meteo Yaoundé