Cameroun - Russie. La success story d’un couple camerounais en Russie: « Ici, tout est possible »

cameroun24.net Le 23 octobre 3467 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Walter et Cindy Tchassem, qui ont fait fortune dans le streetwear et les fast-foods, veulent montrer l’exemple à l’heure du premier sommet Russie-Afrique relate L'AFP.

De l’or aux poignets, griffés de la tête aux pieds, les Tchassem s’engouffrent dans un fast-food moscovite branché, encadrés de gardes du corps. Ce couple d’origine camerounaise a bâti un empire en Russie et veut « faire rêver les jeunes Africains ». « Les gens n’arrivent pas à comprendre ce parcours, c’est unique, mais je leur dis toujours que quand tu crois en toi et que tu bosses dur, il y a un résultat », raconte Walter Tchassem, 37 ans. « Tout est possible », sourit-il après avoir commandé des burgers.

Fils de diplomates camerounais en poste en Russie, il y vit depuis vingt-cinq ans et a pris la nationalité russe. En 2006, il a cofondé avec le rappeur Timati et Pavel Kouryanov, rencontrés sur les bancs de l’école, la holding Black Star, dont il tient aujourd’hui les rênes financières. Label de musique à l’origine, la marque a essaimé dans le streetwear (collaborant notamment avec l’armée russe) et les fast-foods, avec une franchise de près de 100 boutiques et restaurants dans les pays de l’ex-URSS, ainsi que dans le lavage auto version boîte de nuit, les clubs de jeux vidéo, etc. Aujourd’hui, le groupe compte 500 employés.

« Le meilleur président de la planète »

La réussite entrepreneuriale des Tchassem, tous deux russophones, est atypique pour la Russie, davantage connue pour ses mastodontes étatiques dans les hydrocarbures ou le secteur minier. Et est un exemple à l’heure où Moscou organise son premier « sommet Russie-Afrique », mercredi 23 et jeudi 24 octobre, doublé d’un forum pour relancer les relations économiques avec un continent négligé depuis la chute de l’URSS.

Le forum de Sotchi est « une ouverture », affirme Walter Tchassem : « Sur le long terme, c’est l’Afrique qui va être gagnante, car la Russie donne beaucoup d’opportunités. » « D’ici à l’année prochaine, nous serons sur le marché européen », ajoute-t-il, et en octobre, c’est à Los Angeles qu’un fast-food a ouvert. « Notre business est basé sur le lifestyle, ça peut entrer dans n’importe quel pays parce que ce n’est pas un business politisé », affirme-t-il. Il vante tout de même les mérites de Vladimir Poutine, « meilleur président de la planète ».

Cindy Tchassem, 32 ans, participe aux relations publiques du groupe. Elle soutient un orphelinat au Cameroun, dans le quartier de Bonabéri, à Douala, et veut lancer une fondation caritative. En 2012, après leur rencontre et leur mariage à Paris, Cindy, également d’origine camerounaise, a rejoint Walter à Moscou, où ils élèvent leurs fils de 4 et 6 ans. « En Russie, tu peux monter ton propre business à 30 ans, il y a des possibilités de succès très rapide, tu peux facilement devenir très riche quel que soit ton âge », affirme-t-elle, regrettant toutefois une culture « très macho ».

Plus de 400 000 abonnés sur Instagram

Dans un pays où les agressions racistes ont longtemps défrayé la chronique, le couple affirme n’avoir jamais souffert de racisme. « Dans notre holding, je suis le seul Noir mais je n’ai jamais senti cela. La nouvelle génération russe voyage, elle comprend beaucoup de choses », affirme Walter. « J’ai réussi dans un pays qui ne connaît pas l’Afrique, souligne-t-il aussi. Et je crois que la route est moins difficile ici que dans un pays qui a colonisé l’Afrique. » Les fondateurs de Black Star sont « un Africain, un Juif et un Russe, ça ouvre l’esprit ! », lance Cindy.

Le couple a fait des réseaux sociaux la vitrine de sa réussite. Sur Instagram, ils cumulent plus de 400 000 abonnés, partagent des clichés glamour de voyages en yacht et jet privé, de la Côte d’Azur aux Etats-Unis, le tout en tenues bariolées de grands créateurs. « On veut faire rêver d’autres jeunes Africains, affirme Walter. Certains pensent que l’Africain est né pour souffrir, mais ce n’est pas le cas, il faut croire en soi et bosser ! » Walter reconnaît que la mode, « c’est un peu ma drogue, j’adore, je ne vous cache pas que je dépense énormément pour ça ». « C’est un fashion addict ! », s’esclaffe sa femme.

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