Cameroun. Logements sociaux: Mouvement d’humeur des employés au chantier d’Olembé

Joseph Flavien KANKEU | Le Messager Jeudi le 22 Novembre 2012 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Des temporaires offrant au quotidien leurs services pour la construction des 1.300 logements sociaux au quartier Olembé à Yaoundé ont barricadé l’entrée du chantier, pour exiger le paiement de deux mois d’arriérés de salaire.

Quartier Olembé, lieu dit « entrée Ecole » ce mercredi 21 novembre 2012. Il est un peu plus de 9 heures. Le soleil arrose déjà la terre de ses rayons, en ce début de saison sèche. Des « moto-taxis » stationnés au bord de la chaussée, attentent désespérément d’éventuels clients. Le principal point de chute de ces engins est le chantier de construction des 10.000 logements sociaux entrepris par le gouvernement depuis 2009. Mais c’est un jour pas comme les autres ici, car les employés de l’une des multiples entreprises retenues pour réaliser les travaux sont en grève. Ils ont barricadé la route menant au chantier, à l’aide de vieux fûts et de morceaux de planches. Sur un contre-plaqué est inscrite la principale revendication de ces jeunes manifestants. « Eaa payez nos tâches de deux mois et libérez ce chantier. Vous n’êtes pas à la hauteur », peut-on y lire. Un certain Victor qui se présente comme le chef chantier s’attelle à calmer le jeu et à convaincre les grévistes à libérer le passage, sans succès. « Trop c’est trop. Nous travaillons dans ce chantier sans arrêt. Nous connaissons seulement l’heure d’arrivée au travail, mais jamais l’heure de retour. Et ceci pour une rémunération dérisoire. Nous voulons notre argent qui s’élève déjà à plus de 4 millions Fcfa Sinon, le chantier sera définitivement arrêté », menace un manifestant dont le physique rappelle un passé de sportif.

Quelques heures se sont écoulées. Et voici un cadre de la société Eaa qui s’amène, et annonce être porteur de l’argent équivalant au montant réclamé par les tacherons. Aussitôt, les barricades sont levées, et tous prennent la direction d’une boutique située non loin de là. C’est ici que l’argent sera distribué. Mais alors que les opérations d’identification commencent, une rixe éclate entre le chef chantier porteur d’argent et un employé qui visiblement, est le plus fort, malgré son handicap (Bras gauche mutilé). Et finalement, il est le premier à être payé. Les autres perçoivent finalement leurs dus, et bonjour la bière et autres cigarettes. Ce mercredi est d’office férié et chômé pour ces tacherons. « Il n’y avait véritablement pas de problème. C’est que ces employés ne comprennent pas toujours que la disponibilité des liquidités dépend aussi souvent des possibilités de l’Etat. Celui qui faisait par exemple trop de bruit n’avait que 6.000 francs à percevoir dans la cagnotte. Mais nous sommes habitués à ce genre de bras de fer avec eux et après le travail reprend sans problème », explique Victor le chef chantier.


Chantier à problème !

Quelques mois seulement après son entrée au gouvernement le 9 décembre 2011, le ministre de l’Habitat et du développement urbain Jean Claude Mbwentchou a entrepris une visite au chantier de construction des 1.300 logements sociaux à Olembé. Il y allait pour toucher du doigt les avancées enregistrées sur le terrain, et apprécier les responsabilités de l’ensemble des acteurs impliqués pour en relever les faiblesses, tout en dégageant les pistes de solutions appropriées. A la suite de cette visite interministérielle (Il était accompagné de ses homologues des Travaux publics, Patrice Amba Salla ; des Marchés publics, Abba Sadou ; de l'Eau et de l'Energie, Basile Atangana Kouna ; et des Domaines, du cadastre et des affaires foncières, Jacqueline Koung à Bissike), la Société immobilière du Cameroun (Sic) avait procédé à certaines résiliations de contrats pour insuffisance des résultats. D'autres sociétés devraient quant à elles multiplier les efforts pour respecter les délais de livraison des logements. Mais plus de six mois après, le chantier avance à pas de tortue. Les immeubles témoins qui au moment de cette descente sur le terrain étaient presque achevés donnent aujourd’hui l’impression d’être abandonnés. Seules les vitres de fenêtres se sont ajoutées, une couche de peinture aussi. Très peu pour si longtemps ! « Ces chantiers connaissent trop de problèmes parce que le gouvernement a permis que le flou s’installe. On ne peut pas engager une vingtaine d’entreprises pour un si petit chantier. Tout cela fait que les intermédiaires soient très nombreux. La conséquence c’est que l’argent public est dilapidé alors que le travail n’est pas fait sur le terrain », analyse un employé sur le terrain à Olembé. Finalement, ces chantiers de constructions de 10.000 logements sociaux sur l’ensemble du territoire, dont les cérémonies de pose de première pierre avaient fait l’objet d’une médiatisation particulière par les médias à capitaux publics, sont devenus un véritable casse-tête pour le gouvernement. Grandes réalisations, en avant, marche ! 

 

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Mise à jour 01/07/2020 à 22:28:09

 

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