Cameroun - Politique. Cameroun: Destitution de sa majesté Biloa Effa par le Minat Atanga Nji

cameroun24.net Le 9 décembre 2019 49402 Culture Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Sa Majesté Célestin Bedzigui*. Flagitem, Vercumdiam, Abominationem (Infamie, Honte, Abomination)

D’aucuns pourront perdre leur latin, à la lecture de l’arrêté scélérat pris par l’actuel Ministre de l’Administration Territoriale, après visa du Premier Ministre, destituant Sa Majesté Biloa Effa de sa fonction de Chef Traditionnel, pour le prétexte politique d’avoir participé à une « marche interdite ». Cet acte est pris dans un esprit qui contrairie gravement celui affiché ces derniers mois par le Chef de l’Etat de ramener un climat d’apaisement politique dans notre pays, tout en laissant à chaque acteur la latitude du choix de la posture politique qui sied à ses objectifs. La décision d’arrêt des poursuites contre Maurice Kamto et ses militants incarcérés à la suite justement des  » marches interdites » participe de cette volonté présidentielle d’apaisement.
D’où peutil donc venir qu’au niveau gouvernemental d’exécution des volontés du Chef de l’Etat, il soit perpétré ce qui, sous un certain prisme peut être qualifié de violation de consigne? N’ esr ce pas une preuve que certains introduisent dans la gestion de l’Etat des méthodes relevant de cette « voyoucratie » que souvent nous évoquons,, je parle d’un comportement d’authentiques voyous combiné par une incompétence qui cause tant de tort à notre pays?

C’est mon indignation face à ce constat accablant qui a ramené à la surface de ma mémoire mon latin, cette langue dont les mots rendent si bien compte de ce qui peut se saisir de l’esprit révolté d’un citoyen attaché aux valeurs traditionnelles et républicaines. Car aujourd’hui, la République est en danger. Ses fondements dans nos traditions sont foulés au pied par de véritables aigrefins politiques. Certaines pratiques et certains actes révèlent des esprits médiocres voire adeptes du pire qui chaque jour s’échinent à inventer des facéties en couleur par lesquels ils entretiennent l’émerveillement du Prince que certains diraient, paraphrasant Clemenceau, « absorbé par son fastueux mirage »…
D’ou vientil que Sa Majesté Biloa Effa dont la légitimité traditionnelle et digne fils Mvog Tsoug’n Mballa, autochtone en sa terre, héritier d’une vielle lignée établie en ces lieux bien avant la colonisation soit aujourd’hui  » destitué  » par un roturier venue de si loin, infligeant une telle humiliation et bafouant de manière aussi ostensible notre dignité et notre fierté Beti???

Comment une telle profanation du sacré et des traditions dont nous, autorités traditionnelles avons la charge de la préservation peut elle, pour des raisons politiques, se perpétrer sans qu’interviennent une correction immédiate de la  » haute hiérarchie »? Devons nous y voir une forme de complicité tacite ? Le risque est là et un acte solennel doit être pris pour écarter tout doute de tout esprit. Et en l’ absence de mes aînés qu’étaient Onambélé Zibi, je brandis le chasse-mouche de la colère d’un patriarche Beti. Colère d’autant plus motivé par la question qui donc croit pouvoir nous infliger une telle humiliation, « chez nous ici, a dzal vah, a tan biih vah » ??? Un roturier que les souvenirs encore frais de certains voient en pensionnaire de la maison d’arrêt de New Bell à Douala… à l’époque où à la trentaine, j’étais Directeur Général Adjoint d’une Brasserie !!!!…Je n’en dirai pas plus par élégance intel-
lectuelle …

La volonté d’humilier une composante essentielle de notre nation doit avoir des limites. Cette limite par cet acte ignoble est frachie. Messieurs Atanga Nji et Dion Ngute peuventils de manière aussi désinvolte destituer un Fon du Nord Ouest, un Chief du Sud Ouest, un Lawane, un Djaoro, un Lawane, un Lamido du Grand Nord? De tels actes auraient-ils été pris par les grands MINAT qu’ont été Enoch Kwayeb ou Andze Tsoungui? La réponse est NON.
Le Président Biya peut-il garder le silence devant la forfaiture criminelle d’humilier un des symboles de la communauté BETI, elle qui subit déjà le martyre d’être à tort chargé de tous les péchés du Cameroun? La réponse est NON.

On ne peut d’un côté alléger la main sur l’auteur principal du crime politique d’une « marche interdite », une invention camerounaise, en arrêtant toute poursuite contre lui et, d’un autre côté, avoir la main lourde contre un de ses compagnons en le dépouillant de ce qu’il a de sacré et qu’il tient d’un héritage traditionnel. Est ce parce que l’un est Bamileke et qu’on en a peur et l »autre est Beti et peut être humilié sans risque? Notre communauté attend la réponse par un e posture forte à cette question grave. Le constat de ces anomalies et réponses établit un constat clair: l’appareil de l »Etat au Cameroun est infiltré par des éléments qui y entretiennent l’esprit de la voyoucratie et de l’incompétence qui est aux antipodes de la Démocratie et des performances positives.
La preuve supplémentaire s’il en fallait est donnée par cette décision que nous persistons à qualifier de scélérate. Elle doit faire prendre conscience de ce que notre République est en danger, le danger de voir son appareil d’Etat être accaparé par de véritables vautours donc le parcours pour qu’ils accèdent à certaines positions est, pour le moins et pour un grand nombre de Camerounais, questionnable.

Au cours des six décennies qui viennent de s’écouler, nous avons pu suivre la trace où, dans les facultés et les écoles des métiers, au Cameroun ou à l’étranger, dans les pratiques et les carrières des uns et des autres, se sont formés les esprits de toutes les figures publiques de notre pays. A quelques exceptions près, l’appel à remplir certaines positions de souveraineté venait en écho d’une trajectoire bien connue.
Aujourd’hui, on voit sortir du chapeau des pigeons au pedigree inadapté au fonctions politiques et administratives auxquelles ils sont appelés. Et les dégâts politiques ne tardent pas à s’afficher comme cette décision d’une autre époque de destituer pour une raison politique une autorité traditionnelle, alors même qu’en tant que citoyen, Biloa Effa est libre de militer au sein du parti politique de son choix, autant que moi qui milite au PAL que j’ai fondé et qui a été légalisé par un MINAT alors que j’étais déjà Chef Traditionnel Les graves déréglages et distorsions observés dans les actes que pose cette administration amène a se demander quel logiciel produit des choix de personnes aussi questionnables portés à des positions de souveraineté,, et affichant une inadéquation manifeste homme fonction. Cet état de fait est aggravé par ce que certains de ces appelés ne comprennent même pas l’essence des matières dont elles ont la charge. Ainsi, si l’autorité traditionnelle est formellement l’auxiliaire de l’administration, c’est en revanche le Chef qui prête son prestige à l’Etat pour assurer la cohésion de la communauté qui lui confère sa légitimité .

De plus, l’ incongruité de la destitution du Chef Biloa Effa a l’intention d’intimider et de mettre au pas les Chefs traditionnels. Cette prétention est vouée à un échec retentissant car jamais la majorité des Chefs jouissaient d’une réelle légitimité ancestrale ne se plieront aux oukases du premier roturier venu qui tentent de détruire les fondements du pacte établi depuis la nuit des temps entre le pouvoir traditionnel et la République. Rendu aujourd’hui à la croisée des chemins, les citoyens camerounais doivent faire un choix entre la soumission à un ordre inique entretenu par de véritables corsaires politiques ou s’affranchir de toute peur pour préserver une relations saine avec la République forgée par les années..
Brandir les oriflammes de la Démocratie républicaine pour vaincre la « voyoucratie » conquérante incarnée par des figures qui se révèlent par leurs actes, voilà la bataille d’aujourd’hui, pour construire le Cameroun de demain, le Cameroun des générations futures.

*Chef Traditionnel Mvokani Beti Officier de l’ Ordre de la Valeur
Président du PAL

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