Condamnation à la prison à vie de Sisiku Ayuk Tabe et neuf autres séparatistes anglophones au Cameroun

Crise Anglophone. Condamnation à la prison à vie de Sisiku Ayuk Tabe et neuf autres séparatistes anglophones au Cameroun

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À l’issue d’une interminable audience, mardi, le tribunal militaire de Yaoundé a reconnu dix leaders séparatistes anglophones coupables de tous les chefs d’accusation retenus contre eux. Outre la prison à vie, ils ont également écopé d'une amende de 250 milliards de francs CFA (381 millions d'euros).



Le verdict est tombé. Après une audience agitée de près de 15 heures, le juge Jacques Baudouin Misse Njone et ses assesseurs ont finalement décidé d’une condamnation à vie pour Sisiku Julius Ayuk Tabe et ses neuf co-accusés. Une condamnation assortie d’une amende de 250 milliards de francs CFA à payer au titre du préjudice causé.

Le tribunal militaire de Yaoundé a prononcé sa sentence vers 5h30 du matin, mardi 20 août. Dès l’ouverture du procès, peu après 13h lundi 19 août, les avocats de la défense emmenés par Me Eta Bissong, ont une nouvelle fois récusé le juge, l’accusant de partialité.


« Nous avons estimé que ce juge avait un agenda caché. Il est venu pour condamner nos clients. Nous avons une décision en attente auprès de la Cour suprême. La loi dit bien qu’en pareille circonstance, le procès doit être suspendu jusqu’à ce que le verdict de notre appel soit rendu. Comment peut-on poursuivre un procès au mépris total de la loi ? », s’est interrogé Me Christopher Ndong, autre avocat de la défense.


Les avocats de la défense se retirent

Au grand dam de ces avocats, le juge a rejeté la demande de la défense, précisant qu’il n’avait reçu aucune notification dans ce sens, comme l’exige la loi. « La loi 596 stipule que lorsqu’on récuse un juge, on lui fait parvenir une notification écrite. Chose que nous avons faite. Nous avons d’ailleurs apporté des exemplaires de cette notification à l’audience. Mais le juge a refusé de les prendre en compte, en maintenant que l’audience devait se poursuivre. Nous n’avions rien d’autre à faire que de nous retirer de l’affaire, car nous ne pouvions pas poursuivre ce procès face à cette mascarade de justice », a confié l’un des avocats à Jeune Afrique après l’audience.

Après le retrait des avocats, les accusés ont sollicité un report de l’audience, le temps de constituer une nouvelle équipe de défense. Face à l’opposition du commissaire du gouvernement, Sisiku Ayuk Tabe et ses co-accusés ont engagé des chants ambazoniens dans la salle, visiblement dans l’optique de bloquer le déroulement de l’audience.

Franck Foute - à Yaoundé

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