Mardi le 12 Septembre 2017 09:15:53 Célestin Ngoa Balla | Intégration Société

Crise Anglophone. ETATS-UNIS: La tête de la présidente de section RDPC mise à prix

C’est le clou des tensions qui déchirent la communauté camerounaise au pays de l’Oncle Sam au sujet de la crise anglophone.

| Nous suivre sur facebook | Nous suivre sur twitter |

Ce vendredi 07 septembre, Patience Tamfu, qui vit aux Etats- Unis depuis plus de dix-huit ans, voit tomber dans son téléphone un message lui demandant d’acheter au plus vite un cercueil. Ce message arrive après un appel anonyme lui indiquant que ses jours sont comptés.

Au Cameroun, les membres de sa famille vivent sous la même menace.

Au point où son petit frère vient de quitter Bamenda où il vivait pour s’exiler à Yaoundé.

Tout commence le 1er septembre dernier. A l’initiative de Patience Tamfu, présidente de la section RDPC aux Etats-Unis, une marche baptisée «One Cameroon for Peace» se tient devant l’ambassade du Cameroun à Washington. L’objectif, selon les organisateurs, est de démontrer que «tous les Camerounais de la diaspora ne déshonorent pas le drapeau national en le brûlant ou en le piétinant». L’initiative vise aussi à lancer un appel en direction des parents des régions anglophones du Cameroun afin qu’ils laissent leurs enfants reprendre le chemin de l’école. «Des gens ne doivent pas utiliser des enfants comme de la chair à canon pour faire des revendications politiques» avance Patience Tamfu.

La fille de Tamfu, qui fut ministre des Transports puis de l’Education sous Ahidjo et député à l’assemblée nationale sous Paul Biya, porte aussi la casquette de présidente d’une association caritative : The Unity Sisters of Cameroon. Cette association qui regroupe des femmes camerounaises vivant dans le Maryland fait des dons à des écoles et des orphelinats au Cameroun.

Opposition

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Un groupe de Camerounais débarque et veut manifester sur les mêmes lieux son opposition à cette initiative. Ces derniers ne s’en prennent pas seulement au régime de Yaoundé. Ils tiennent des propos très virulents contre les participants à la marche «One Cameroon for Peace». Ils s’en prennent particulièrement à la présidente de la section RDPC des Etats-Unis. «Ils m’ont couvert des insultes les plus infâmes et m’ont donné tous les noms d’oiseaux», affirme Patience Tamfu. «C’est par pur choix que je vis actuellement aux USA. Mon pays, ma terre c’est le Cameroun que j’aime beaucoup et qui reste un et indivisible», réplique-t-elle.

Mais à en croire la présidente de la section RDPC Etats-Unis, les attaques verbales devant l’ambassade du Cameroun à Washington ne seront que le début du calvaire. Patience Tamfu va découvrir sur les réseaux sociaux, dès le lendemain de la marche, que sa tête est mise à prix pour 50 mille dollars. Sur un autre véhicule des sécessionnistes sur internet, on aperçoit une photo de Patience Tamfu, une croix rouge apposée sur le front.

En plus, des appels anonymes inondent son téléphone la qualifiant de traitre et lui promettant la mort.

Lassée par ces attaques, Patience Tamfu alerte la police locale qui ouvre une enquête. En attendant les résultats, les policiers conseillent à la présidente de la section RDPC des Etats- Unis de s’entourer d’un maximum de précautions. Morte de trouille après une série de coups de fil d’inconnus, une jeune camerounaise nommée Sylvie Bello, très active en début de cette année pour trouver des fonds et mobiliser des politiciens américains sur la crise anglophone au Cameroun, a failli se donner la mort. Plusieurs autres Camerounais vivant aux Etats- Unis ont déjà reçu des menaces de mort de la part de certains individus qui tiennent à mettre tout le monde au pas de gré ou de force.

Célestin Ngoa Balla à New York