Emeutes à Sangmelima. Le LAAKAM réagit aux émeutes de Sangmelima

cameroun24.net Le 17 octobre 2956 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Déclaration solennelle en guise de réponse responsable de la Communauté Bamiléké aux regrettables démonstrations de haines destructrices de Sangmélima ainsi que leurs multiples et inévitables implications constitutionnelles



Sept décennies après l’indépendance, six décennies après l’assassinat du dernier président du mouvement nationaliste camerounais UPC, presque quatre décennies après l’avènement du régime du renouveau avec l’espoir d’une vie meilleure dans une République apaisée, solidaire, moderne et débarrassée des subjectivismes ethniques et des fractures de toute nature, le peuple camerounais vient d’être rappelé brutalement à la dure réalité, par les émeutes suscitées, destructrices, tribales et criminelles qui ont eu lieu dans la ville de Sangmélima - encore la ville de Sangmélima - durant les premiers jours de ce mois d’Octobre 2019.

Une fois de plus, comme par le passé, des citoyens, bien ciblés, notamment de l’Ouest et du Grand Nord, ont été agressés, pourchassés, et leurs biens saccagés, détruits, pillés et emportés par des individus connus, indentifiables et repérables. Même des animaux d’élevage ont été épargnés.

LAAKAM, association responsable, attachée aux valeurs républicaines, préoccupée par la cohésion sociale, l’unité du peuple Camerounais et la construction permanente de la paix, a décidé, face à ces événements incontestablement criminels, de prendre du recul et d’attendre la réaction des plus hautes autorités du pays, avant de se prononcer.

LAAKAM observe, que ces crimes surviennent, au lendemain immédiat de la clôture du Grand Dialogue National tenu au Palais des Congrès de Yaoundé du 30 Septembre au 4 Octobre 2019, à l’initiative heureuse du Chef de l’Etat, avec pour but de trouver des solutions à la crise qui sévit dans les deux régions dites « Anglophones » du pays, depuis trois ans.

LAAKAM observe que les auteurs de ces crimes, ont commis leurs forfaits durant plusieurs jours, devant le silence, l’inaction, la passivité presque bienveillante et l’encouragement implicite, officiel et effectif de certaines élites. A ce jour, ni les auteurs directs, ni les auteurs indirects et intellectuels, n’ont été inquiétés, dans un Etat de droit, et alors même qu’ailleurs dans le pays, pareille situation voire moindre, aurait été réprimée avec des moyens lourds, qui existent.

LAAKAM observe qu’il est devenu pratiquement institutionnel, que des individus fassent la promotion d’un discours indexant les Bamilékés, comme source de tous leurs malheurs, et n’hésitent pas, mus par une jalousie et une haine féroce, de prôner la violence, le viol, le terrorisme et le crime organisé, y compris en sollicitant le concours des étrangers, pour attenter à l’intégrité physique, et à la sécurité des biens de paisibles citoyens dont le seul tort, est de travailler durement pour le bonheur de leur famille, et pour construire le Cameroun.

LAAKAM prends acte avec regrets, de l’inaction ou de la mollesse des réactions de l’autorité publique, dans un Etat de droit, où après avoir dans un premier temps, proscrit certaines zones pour la conduite de certaines activités par certains citoyens, on en vient dorénavant à vouloir les exclure de certaines activités économiques, sur la base de leur origine ethnique. Il s’agit d’une évolution dangereuse qui viole les droits constitutionnels consacrés, et place le Cameroun en porte à faux, par rapport aux instruments internationaux centraux régissant les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Sont ainsi principalement et structurellement remises en cause, la déclaration universelle des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et les protocoles additifs, de même que la déclaration africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

LAAKAM rappelle sa lettre au premier ministre en 1991, dans laquelle, après des destructions similaires à Ebolowa et à Sangmélima ainsi que l’incendie de la boulangerie « La Niçoise » à Yaoundé, elle énonçait de façon ferme et claire, « qu’aucune communauté ne saurait continuer à assister impuissante et sans réaction, à l’atteinte permanente à la sécurité de ses membres et de leurs biens ».

LAAKAM condamne avec force et détermination, les crimes de Sangmélima, et exige que leurs auteurs et leurs soutiens, tous connus car ayant fait des déclarations belliqueuses et d’encouragement, soient interpellés, jugés et condamnés selon les lois en vigueur, notamment la loi sur le terrorisme, parce que c’est bien du terrorisme qu’il s’agit, et sans différence aucune avec leurs semblables appelés Ambazoniens combattus avec acharnement ailleurs.

LAAKAM tient ouvertement, fermement et publiquement le Gouvernement camerounais pour responsable des crimes de Sangmélima, sauf à apporter la preuve de sa bonne foi et de son innocence, par la révocation du Gouverneur du Sud, du Préfet, des hauts responsables régionaux de la sécurité et de l’armée pour manquements professionnels graves, dans une situation menaçant directement la sécurité des biens et des personnes, l’unité nationale et les intérêts nationaux au plus haut niveau.

LAAKAM exige la création d’une Commission d’enquête indépendante pour faire un bilan incontestable et exhaustif des biens pillés, volés et emportés, et une indemnisation conséquente par le Gouvernement, dans un délai de trois mois au plus tard.

LAAKAM rappelle en tout état de cause, qu’un dossier solide sera constitué par une équipe de juristes chevronnés, pour être présenté le cas échéant, à des instances internes et internationales appropriées, en vue de réparations légitimes et intégrales. Pour rien au monde ni pour aucune particularité, excuse ou justification, des individus ne sauraient semer impunément la pagaille, fût-ce avec le soutien ou la bénédiction de tout pouvoir actif ou virtuel, dont ils se réclameraient.

LAAKAM rappelle, n’en déplaise à qui que ce soit, que celui qui travaille a le droit de jouir du fruit de son labeur, et celui qui ne travaille pas, doit accepter sa condition. Toute dérogation est attentatoire au bon sens, à la morale publique universellement consacrée par toutes les civilisations et cultures, au droit naturel et la logique existentielle élémentaire. De même, tout propriétaire de biens, a le droit et même l’obligation sacrée, de le défendre et de se défendre jusqu’à son dernier souffle, si et seulement si, la défaillance ou la complaisance avérée des protecteurs publics.

LAAKAM invite avec fermeté, le Gouvernement ainsi que les plus hautes autorités de l’Etat et de la République à tous les niveaux, à prendre clairement et concrètement leurs responsabilités, toutes leurs responsabilités, afin d’épargner le pays des affres de la guerre civile, stade ultime de la haine tribale et de la jalousie, dans laquelle des fous et des inconscients qui n’ont aucune mémoire des dures souffrances passées de notre peuple, veulent nous plonger.

LAAKAM fait sienne la sagesse d’un grand Roi selon laquelle, « quand on ignore le sens du vent, on n’ouvre pas le sac du piment en poudre ».

Par ailleurs, celui qui précipite l’autre dans le fleuve pour lutter, n’est pas sûr de nager mieux que lui, ni de mieux dompter les vagues et de survivre dans l’eau, ni d’atteindre la rive opposée sans lui ou avant lui. (Sagesse de Laakam)

LAAKAM s’interroge sur le sens, la signification et la portée à donner au discours entendu à Sangmélima. S’agirait-il d’une revendication fédéraliste mal dissimulée ou mal formulée ? Dans l’affirmative, il faudrait que ceux qui manipulent dans l’ombre, aient le courage de révéler ouvertement et publiquement leurs intentions. Le chef de l’Etat a depuis longtemps énoncé que « nul n’est plus obligé d’aller au maquis pour exprimer ses opinions ».

LAAKAM renouvèle sa foi en un Cameroun fort, pacifique et prospère dans lequel, toutes ses filles et fils, les étrangers et les visiteurs qui y séjournent, devraient pouvoir vivre en harmonie, et œuvrer ensemble pour leur développement et leur bonheur individuel et collectif.

LAAKAM dit enfin, que dès lors que le Gouvernement de la République, ne voudra pas ou ne pourra pas, de façon manifeste comme à Sangmélima, se porter au secours des citoyens agressés, il ouvrira la porte à des glissements dangereux et pleins d’inconnus, dont il devra assumer entièrement et pleinement, toutes les conséquences ./.

Yaoundé, le 14 Octobre 2019

SINDJOUN POKAM et SHANDA TONME, Plénipotentiaires

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