La campagne pour la présidentielle bat déjà son plein dans les journaux camerounais

Cameroun - Revue de presse. La campagne pour la présidentielle bat déjà son plein dans les journaux camerounais

| Nous suivre sur facebook | Nous suivre sur twitter |

Les journaux camerounais parus vendredi commentent, avec emphase, l’élection présidentielle du 7 octobre dont la campagne débute samedi.


C’est donc «le kick-off» demain, annonce en grande manchette le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, affichant les photos des 9 candidats avec une préférence prononcée pour le chef de l’État sortant, Paul Biya, dont le portrait tout sourire occupe le 1/5ème de l’espace.

Pendant deux semaines, précise la publication, les prétendants vont pouvoir dérouler leur projet de société, et celui du président-candidat, dont des soutiens sont également annoncés dès la couverture, reçoit une fois de plus les faveurs du journal bilingue.

Le même traitement de faveur est réservé à M. Biya dans InfoMatin, avec le ralliement la veille à sa candidature d’un ancien baron du régime, Jean Jacques Ekindi, ex-président démissionnaire de la puissante sous section du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) pour le très influent département du Wouri.

Après avoir fait défection, rappelle le journal, l’insoumis avait créé le Mouvement progressiste (MP), était devenu le «chasseur de lion» en référence au pseudonyme («L’homme-lion») que s’était attribué Paul Biya, est devenu député à l’Assemblée nationale avant d’entamer une longue traversée du désert.

Selon cet autre quotidien, l’homme à la barbiche, après avoir constaté la vacuité de l’offre politique des prétendants de l’opposition, est revenu à de meilleurs sentiments envers celui qu’il vouait aux gémonies voilà quelques années encore.

Ce qu’il faut bien constater, répondent en écho Le Jour, Le Messager, Émergence et Le Quotidien de l’Économie, c’est que Paul Biya n’a pas le monopole des ralliements, en témoigne la grosse prise du candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto qui, la veille, a reçu le soutien du conseiller aux affaires économiques du président sortant, Christian Penda Ekoka.

Après avoir annoncé, voici deux semaines, la création d’un mouvement dénommé «Agir», le concerné, constate la deuxième publication citée, a longuement entretenu le mystère autour de son point de chute idéologique.

«Un conseiller de Biya fait défection pour rejoindre Kamto !» s’exclame le quotidien de langue anglaise The Guardian Post, qui affiche une photo tout sourire des deux nouveaux alliés.

Il n’en demeure pas moins, relativise Le Jour, que M. Penda Ekoka, tout en roulant désormais officiellement pour le camp adverse, n’a toujours pas démissionné de ses fonctions auprès de Paul Biya, un patron dont il n’a cessé de brocarder la gouvernance depuis des mois.

Pendant ce temps, et sans flonflons, le candidat du parti Univers, Cabral Libii, creuse son sillon dans les régions septentrionales en recrutant, selon L’œil du Sahel, majoritairement dans les rangs d’une jeunesse désorientée, marginalisée, stigmatisée par un pouvoir qui n’a cessé de l’abreuver de promesses et de discours soporifiques.

Plusieurs candidats ont déjà dévoilé leur programme de société annonçant des changements qui font rêver le citoyen-électeur, coupe tout net L’Essentiel, «mais nombreux sont les Camerounais qui ont des préoccupations qui ne ressortent pas toujours dans les grandes théories politiques et macroéconomiques» par eux développées.

Le trihebdomadaire, dans une démarche d’éclairage, est descendu sur le terrain et présente, dans un dossier, les attentes «au ras du sol» de l’élève, de l’étudiant, du retraité, du travailleur du secteur public ou privé, du handicapé et de biens d’autres personnes souvent traitées comme du bétail électoral.

Félix Cyriaque Ebolé Bola
 

Opinion