Cameroun - Politique. Les 100 premiers jours du gouvernement Dion Ngute

cameroun24.net Le 15 avril 2019 621 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Joseph Dion Ngute confiait au lendemain de sa nomination au poste de Premier ministre, le 4 janvier 2019, que le chef de l’Etat lui avait demandé de consacrer l’essentiel de son temps à la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui prévaut depuis bientôt trois ans. Tâche titanesque pour le natif de Bangongo Barombi, département du Ndian, dans le Sud-Ouest lit-on dans un éditorial de Georges Alain Boyomo, DP du quotidien Mutations.


100 jours plus loin, il est loisible de constater que la situation n’a pas beaucoup changé dans les deux régions en crise. Les opérations « villes mortes » et « écoles mortes » se portent toujours bien, les enlèvements de personnes contre paiement de rançons prospèrent, les affrontements entre l’armée et les sécessionnistes se poursuivent, avec à la clé des morts, le nombre de déplacés et de refugiés augmente de manière vertigineuse, l’appel du président de la République à déposer les armes n’est que peu suivi par les groupes armés.
En qualité de président du Conseil de direction du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants, Chief Dion Ngute est interpellé. S’il n’est pas honnête de l’accabler, trois mois seulement après son entrée de fonction comme Pm et compte tenu des multiples ramifications de la crise anglophone, le chef du gouvernement s’est certainement rendu davantage à l’évidence qu’on lui a confié un os dur à croquer.


Et ce n’est pas le projet de loi qui prépare le terrain aux élections régionales qui a pu infléchir cette posture. Celui-ci n’a pas apaisé la tension et a même servi de prétexte au doyen d’âge du Sénat, Nfon Mukete, pour critiquer l’option prise par le gouvernement dans la gestion de la crise anglophone.


Sur la principale variable où il était attendu, Joseph Dion Ngute se retrouve donc quasiment impuissant comme dans un cauchemar. Pour le reste, on retiendra qu’il a apporté plus de célérité et de vivacité à l’action gouvernementale, même si les résultats restent très peu perceptibles par le commun des Camerounais, du fait des retards importants pris et de la multiplicité des dossiers sur les sentiers du progrès social et du développement.
On constatera par ailleurs que la coordination de l’action gouvernementale reste encore éclatée. En 100 jours par exemple, Joseph Dion Ngute n’a pas mis pied dans les chantiers de la coupe d’Afrique des nations (Can), où son prédécesseur avait ses habitudes. C’est dire que le secrétaire général de la présidence de la République (Sg/Pr), autre (principal ?) pôle de la coordination de l’action du gouvernement garde la haute main sur ce dossier.
En somme, entre contradictions, pesanteurs structurelles et menus gestes d’éclats individuels, les 100 premiers jours du premier gouvernement du septennat des « grandes opportunités » laisse les Camerounais sur leur faim. En l’absence d’une dynamique d’ensemble portée par un groupe d’hommes et de femmes déterminés à transformer le quotidien du peuple et à inscrire résolument le Cameroun dans une trajectoire d’émergence, l’équipe Dion Ngute court le risque de conforter la sinistrose qui hante le Cameroun depuis près de deux décennies.


Les batailles d’égo qui ont repris du poil de la bête au sein de ce gouvernement ne sont pas pour arranger les choses. Entre l’atteinte des objectifs fixés et les manœuvres pour le contrôle de l’après-Biya, que de temps et d’énergie dilapidés par des têtes fortes qui s’épient et se jettent des peaux de banane. Dion Ngute a-t-il l’expérience, la carrure et le tact pour arbitrer ces batailles ? Il y’a lieu d’en douter. Seul le président de la République, conscient des enjeux actuels et futurs, doit s’y pencher. Le choix du pourrissement ne va qu’empirer la situation.

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