CEMAC. La Cemac va forcer certaines entreprises exerçant dans la sous-région à entrer en bourse

cameroun24.net Le 18 octobre 1407 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), réuni le 2 octobre dernier à Yaoundé, « a adopté le règlement relatif à l’introduction en bourse des participations des États et de leurs démembrements, dans les entreprises exerçant dans la Cemac », peut-on lire dans le communiqué final des travaux.



Cet instrument, non rendu public pour l’instant, est destiné, selon le même communiqué, « à accompagner la seconde phase du processus d’unification du marché financier de la Cemac ». Cette seconde phase vise la dynamisation de la bourse unifiée conformément à l’article 8 de l’Acte additionnel du 19 février 2018.

Cet article donne aux États membres de la Cemac jusqu’au 19 février 2020, pour « procéder à la cession partielle ou totale en bourse de leurs participations dans le capital d’entreprises publiques, parapubliques, ou issues de partenariat public-privé, notamment dans le cadre de programme de privatisation ».

De manière concrète, il s’agit pour les États de la sous-région et leurs démembrements de vendre à des investisseurs sur le marché financier unifié une partie ou la totalité des actions détenues dans les entreprises en activité dans la Cemac. Ce qui est synonyme d’une entrée en bourse pour ces entreprises indique encore IC.

Mais ce n’est pas tout. Le même article demande aux États, dans les mêmes délais, « l’adoption de cadres législatifs rendant obligatoire la cotation ou l’ouverture en bourse du capital d’entreprises ayant pour profession habituelle, la gestion ou la conservation de l’épargne publique (banques, compagnies d’assurance, etc.) et d’entreprises multinationales ou filiales de multinationales exerçant leurs activités sur le territoire des États membres ».

Réformes

À quelques mois de l’échéance, nous n’avons pas connaissance des diligences prises par les États dans ce sens. Plusieurs entreprises concernées par cette réforme ne sont même pas informées de son existence. L’obligation faite aux entreprises publiques et parapubliques, aux microfinances, aux banques et aux compagnies d’assurance d’entrer en bourses va pourtant induire des changements importants dans le fonctionnement de ces structures.

D’abord en termes de transparence : il faudra désormais tenir une comptabilité régulière et fiable, sanctionnée par la production annuelle des états financiers crédibles (bilan, tableau financier des ressources et emplois, compte de résultats, états annexés, déclaration statistique et fiscale). À ce jour, la pratique est loin d’être partagée.

Ensuite, beaucoup d’entreprises devront revoir leur statut juridique. Selon de nombreux experts, pour accéder au marché financier, il faut être une société de capitaux notamment une société anonyme avec conseil d’administration. Or, la grande majorité des PME et grandes entreprises en activités au sein de la Cemac seraient des sociétés anonymes avec administrateur général et un tour de table ne dépasse guère trois actionnaires.

La première phase de la fusion des marchés financiers de la Cemac s’est achevée en juillet 2019 avec plusieurs mois de retard. Au cours de celle-ci, le processus de fusion des structures des deux marchés boursiers d’Afrique centrale a abouti à une nouvelle configuration de celui-ci articulée autour d’un régulateur unique, basé à Libreville (Gabon) et d’une bourse unique dont le siège est fixé à Douala (Cameroun). La bourse new-look est le fruit de la fusion entre la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) et Douala Stock Exchange (DSX).

Sylvain Andzongo et Aboudi Ottou
 

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