Affaire Kamto. Quand Reporters sans frontières s'inquiétait du sort réservé au journaliste Samuel Wazizi

cameroun24.net Jeudi le 04 Juin 2020 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Le 28 mai 2020 dernier, cet organisation de défense des Droits des journalistes dans le monde entier lançait déjà l'alerte sur la disparition forcée de notre confrère. Cameroun24 vous propose de nouveau ce communiqué alarmant qui reste d'actualité.


Cameroun : le journaliste Samuel Wazizi est-il encore vivant ?

Samuel Wazizi,  est journaliste de la chaîne Chillen Media Television (CMTV) région de Buéa, Cameroun



Près de 10 mois après son arrestation et son transfert dans une caserne militaire, plus personne n’a vu ou entendu ce journaliste camerounais détenu au secret. A l’instar de ses avocats, Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement préoccupée par le sort de ce présentateur télé et demande aux autorités de faire toute la lumière sur cette affaire.
Samuel Abuwe Ajiekha, plus connu sous le nom de Wazizi, sera-t-il présent ce 28 mai devant la Haute Cour de Fako, située dans le Cameroun anglophone, au sud-ouest du pays ? Ses avocats en doutent. Après des mois de bataille et un sit-in organisé le 14 mai devant le tribunal, l’équipe de défense du présentateur de la chaîne privée Chillen Media Television (CMTV) a enfin obtenu d’être entendue par la justice. Sans accès à son client depuis le début de cette affaire qui remonte à août 2019, elle présentera ce jeudi sa requête dont RSF a obtenu une copie. Les conseils demandent que les militaires qui, selon eux, détiennent le journaliste présentent “son corps” devant la Cour. Joint par téléphone, l’un de ses avocats, maître Emmanuel Nkea, estime désormais qu’il y a “plus de chances que le journaliste soit mort que vivant”.

Le reporter n’a plus été vu depuis le 7 août 2019, alors qu’il était détenu depuis cinq jours par la police de Muea, dans le sud-ouest du pays. Ses avocats ont alors appris qu’il avait été récupéré par le 21e bataillon d'infanterie de Buéa, la capitale de région. Depuis, impossible d’accéder à la caserne dans laquelle se trouve le journaliste. Famille, amis, collègues et avocats sont sans nouvelles. D’après les informations recueillies par RSF, le journaliste est accusé d’avoir tenu des propos critiques sur sa chaîne à l’égard des autorités et de leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun. Le conflit entre les séparatistes, les partisans d’une plus grande autonomie de ses régions et l’armée camerounaise a fait plus de 3 200 morts et 700 000 déplacés depuis trois ans.

“La détention au secret de ce journaliste et l’absence totale de nouvelles le concernant nous font craindre le pire, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Si ce journaliste est encore vivant, rien ne justifie qu’il soit détenu par l’armée sans accès à ses proches ou à ses avocats et sans avoir été présenté à une cour de justice. Sa détention s’est effectuée en dehors de toute procédure légale et au détriment des principes de droit les plus élémentaires. Si aucune preuve de vie n’est fournie et que le journaliste n'apparaît pas lors de l’audience ce jeudi, les craintes sur son sort n’en seront que renforcées. Nous demandons aux autorités camerounaises de mettre fin à ces longs mois de silence en faisant toute la lumière sur cette affaire.”

Les détentions arbitraires de journalistes et leurs poursuites devant des tribunaux d'exception sont courantes au Cameroun. Détenu au secret pendant plusieurs mois, torturé par les services de renseignements et menacé de peine de mort par un tribunal militaire, le correspondant en langue haoussa de RFI Ahmed Abba était resté 29 mois en détention avant d’être libéré en décembre 2017.

L’ancien directeur général de la radiotélévision publique camerounaise (CRTV) Amadou Vamoulké comparait quant à lui depuis ce mardi 26 mai pour la 30e fois devant le tribunal criminel spécial (TCS) de Yaoundé. Le journaliste est en détention provisoire depuis près de quatre ans sans avoir été jugé. Il n’a pas été intégré sur la liste des prisonniers libérés par le président Paul Biya en avril dernier pour désengorger les prisons en lien avec l’épidémie de coronavirus. Amadou Vamoulké a 70 ans, il est malade, et au moins un cas de coronavirus a été identifié à la prison centrale de Yaoundé dans laquelle il est incarcéré. RSF, qui demande son évacuation sanitaire depuis plusieurs mois, vient de saisir le rapporteur de l’ONU sur le droit à la santé.

Le Cameroun a perdu trois places et occupe désormais la 134e position sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par RSF.

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Mise à jour 01/07/2020 à 22:28:09

 

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