Cameroun - Politique. SUD,Les chefs traditionnels invoquent les ancêtres pour la paix au Cameroun.

cameroun24.net Le 28 aout 2019 3189 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
C’est au cours de l’étape du Sud de la caravane nationale pour la paix dont la marche royale s’est tenue le 24 août dernier assortie d’une séance d’expiation sur le site où Paul Biya président de la république du Cameroun avait été élevé au rang de Nnom Ngui’i lors du comice agropastoral tenu à Ebolowa en janvier 2011 en présence d’un ensemble des autres chefs traditionnels venus des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et du reste du pays.


Selon les organisateurs, l’idée part de Batchenga le 22 juin 2019 où l’ensemble des gardiens de la tradition réunis ont décidé d’invoquer les ancêtres et implorer la bénédiction divine pour le Cameroun. Après avoir débattu de la crise sociopolitique que travers le pays, les chefs traditionnels ont lancé un appel et un message de retenu à tous les acteurs politiques, de la société civile dont les attitudes et propos peuvent alimenter la haine inter communautaire. Ils condamnent les attaques terroristes et soutiennent sans réserve. Ils pensent que le Cameroun n’est la propriété d’aucun homme ni d’une chapelle politique, ils n’accepteront pas que ce patrimoine commun à tous les camerounais soit détruit. Ils saluent la disposition au dialogue du président de la république, confirmée par son premier ministre lors de sa tournée dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest aux fins d’adresser les questions qui minent le vivre-ensemble camerounais et son développement. Suite à cette déclaration dite de Batchenga, les chefs traditionnels s’engagent à jouer leur rôle de gardiens des traditions, de pères protecteurs de tous les enfants de ce pays, afin que le dialogue se noue et se renforce entre tous les acteurs et que le calme, la sérénité, la paix véritable et le vivre-ensemble reprennent droit de cité. D’où cette caravane lancée en vue de se faire entendre, après Batchenga, l’Ouest, l’Est s’était bien le tour de la région qui a vu naître Paul Biya. Pour Bruno Mvondo chef traditionnel et point focal pour le Sud de cette caravane, « l’éléphant avance en laissant les traces, voilà celles des chefs traditionnels à travers cette caravane pour la paix. Il est question que la vie soit en abondance, que le bien éclaire le mal, que la haine soit dissipée et que l’amour soit effectivement instauré. Que nos traditions permettent à cimenter la paix, pour un Cameroun de paix et émergent à l’horizon 2035. Les fruits plantés rappellent la nouvelle naissance pour que règne la vie ». Une ouverture a été faite aux différentes responsables de communautés pour que chacun avec ses mots expriment son ressenti du vivre-ensemble  dans sa terre d’accueil. Pour le coordinateur national de cette caravane Prosper Mbassi Bessala chef traditionnel, « les chefs traditionnels réunis à Batchenga ont décidé de prendre leur rôle de parents. Le pays va mal, le Cameroun est en danger, les enfants s’entretuent, de nombreux déplacés internes et externes aujourd’hui. Nos enfants ne vont plus à l’école, les infrastructures sont détruites, notre vivre-ensemble en péril. Il est urgent et impératif de se ressaisir, nous disons à nos enfants arrêtez, vous êtes allés loin et très loin encore, sortez de la brousse et comprenez nos douleurs de parents qui crient. Nous vous attendons les mains pleines d’amour, vous nous manquez, n’acceptez pas le chao de votre pays sortez de la brousse, revenez à la maison, nous vous attendons de jour comme de nuit. Que deviendra le Cameroun sans une jeunesse éduquée, la rentrée scolaire de septembre prochain doit être effective pour tous. Déposez les armes et nous discuterons ensemble et trouverons des solutions ». Après un rituel expiatoire au style  de l’aire Fang coordonné par René Désiré Effa président régional des chefs traditionnels du Sud, un engagement fort a été pris. Le rituel est simple et symbolique où le drapeau où a été enroulé un chasse-mouche a été remis à la coordination de la caravane. Signe de l’engagement que le Cameroun doit rester débout et briller de tout feu et que le sang ne coule plus dans ce pays. Nous pensons que la réponse des ancêtres invoqués ne tardera pas, pendant ce temps, la caravane continue sa marche dans d’autres régions du Cameroun.
Jacques Pierre SEH

Réactions
Molive Molungu Otto
Chef de Batoke, Limbé II dans le Fako

Nous sommes là pour la caravane de la paix et du vivre-ensemble, c’est une idée des chefs traditionnels, c’est leur contribution pour le retour de la paix dans notre pays. Ceux-ci ne pouvaient pas rester indifférents compte tenu de la situation que travers notre pays depuis plusieurs années aujourd’hui. Avec tous les problèmes du Grand-nord, de l’Est, du Nord-ouest, du Sud-ouest et avec le reste accompagné par des dégâts à gauche et à droite avec des incendies etc… Dans la famille, c’est au père que revient le dernier mot, c’est le père qui a le pouvoir d’amener la paix entre ses populations. Depuis Batchenga, nous sommes sortis pour appeler nos enfants à sortir de la brousse et à déposer les armes. Ce message intéresse toutes les populations, nous avons besoin plus que jamais de la paix aujourd’hui et ce que nous faisons rentre en droite ligne de nos prérogatives de chefs traditionnels. Quand les choses ne marchent pas, les chefs traditionnels doivent prendre la parole, Dieu parle à travers eux lui-même ne descendra pas parler. Que chacun écoute la voix de son chef du village et œuvre pour le retour définitif de la paix et du vivre-ensemble. La caravane seule ne suffit pas. Dans les familles africaines, quand il y’a un problème après la résolution, on fait un rite traditionnel. C’est dans ce rite que nous appelons alors tous les esprits pour solliciter leurs actions pour un retour de la paix. Chacun de nous appartient à une communauté qui à une tradition, l’ignorer c’est s’ignorer soi-même. Ce message porté par les chefs traditionnels n’est pas une menace, mais un appel.


Rev. Dr. Ekoka Molindo
Chef

Pour la toute première fois dans ce pays, les chefs traditionnels se sont réunis pour confronter une situation qui est très grave dans notre pays. Maintenant, on voit que nos enfants sont entrain de mourir.  Soldats et jeunes, ce sont tous les enfants de ce pays. On est venu supplier Dieu que cette malédiction qui menace le pays s’arrête et que la paix règne partout au Cameroun. Nous sommes là parce que c’est ce même Dieu qui érigne les chefs. Ainsi, nous le supplions pour un retour rapide à la paix, les gens doivent s’exprimer pou cette cause et que le dialogue commence. Les chefs traditionnels ont pris leurs responsabilités. Parlant de la rentrée scolaire pour ma part, c’est très difficile parce qu’il y’a un problème qui n’est pas encore résolu. Les enfants sont encore dans la brousse et attendent le dialogue qui a été annoncé. Nous militons tous pour un retour des classes en septembre prochain, il faut que nous tous entrons dans cette logique pour en assurer la sécurité des personnes et des biens. Est-ce que l’essentiel est fait, pour une large sérénité chacun observe et peut bien avoir une appréciation. Ce qui est vrai encore, les gens sont en colère parce que selon eux, rien n’a changé depuis le début de ces actions dans ces zones. On doit être sincère le dialogue devrait précéder la rentrée scolaire pour calmer les esprits et faire réapparaitre cet espoir d’appartenance à ce même pays. Ayant alors mis les bœufs avant la charrue, ce sera une affaire très difficile. Avec cette caravane, nous sommes comme des sapeurs pompiers. Il faut retenir que la plupart des francophones ne savent pas ce qui se vit présentement dans ces zones. Et peuvent tout dire sur les plateaux de télévisions ce qui ne concoure pas beaucoup à calmer l’atmosphère. Mais comme rien n’est impossible à Dieu, nous lui faisons tous confiance pour ce retour à la paix.


Propos recueillis par
Jacques Pierre SEH

 

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Mise à jour 30/03/2020 à 10:27:32

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