SUD,Campagne agricole 2019 : Les problèmes des agriculteurs demeurent les mêmes.

Cameroun - Agriculture. SUD,Campagne agricole 2019 : Les problèmes des agriculteurs demeurent les mêmes.

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Semences de moindre qualité, non maîtrise de l’eau, manque d’outils agricoles, manque de financements, absence de mécanisation et surtout d’accompagnement. Un tableau qui n’encouragerait pas le jeunesse à opter pour le travail de la terre malgré de nombreux appels lancés à leur endroit, l’avenir restant en pointillés.


 La régularité des pluies à partir de mi mars annonce généralement le début de la première campagne agricole en zone méridionale, précisant ainsi le début des semis. Préalablement ayant fait le défrichement, le sarclage et le labour pour n’attendre que la mise en sol avec le début des pluies. L’agriculture ici étant tout simplement liée aux saisons, contrairement ailleurs où on peut cultiver en toutes saisons car, on a la maîtrise de l’eau et de la qualité de la semence. La recherche agronomique étant fortement impliquée en amont à chercher des variétés culturales à haut rendement, et la maîtrise de l’eau qui est une donnée essentielle dans la production agricole. Mais, ni l’un ni l’autre n’est à la portée des cultivateurs camerounais, même le service de météorologie qui devrait les informer sur le début de la campagne agricole après analyse des données pluviométriques n’est pas fonctionnel. Conséquence, l’agriculture se fait sur un coup du hasard, aucun service ne peut renseigner les agriculteurs sur la disponibilité des pluies à telle où telle période indiquée.

La conséquence est que, parfois les semis se font après une fausse alerte de pluies qui juste après se raréfient. Le sol devient ainsi asséché, la semence mise en sol se brûle. Ainsi, de telles années s’accompagnent par des mauvaises récoltes, des rendements faibles avec pour indicateurs, des années de famine. Les agriculteurs camerounais surfent ainsi sur cet océan d’incertitude et se battent comme de beaux diables pour ravitailler les marchés urbains et survivre. Eux qui ont encore leurs machettes et houes comme principaux outils, le rêve d’avoir un tracteur agricole s’étant volatilisé dans leurs esprits. Le tracteur, c’est l’affaire des autres, les agriculteurs de luxes. Pour Monique Mbarga cultivatrice au village Eves, « on continue à se battre comme d’habitude avec nos propres efforts et ressources. Il y’a 04 ans, le Minader nous avait donné des semences de maïs et depuis ce temps plus rien. Présentement le kilogramme on l’achète à 1000 Fcfa et pour 01 hectare de maïs, il vous faudra 20 kilogrammes donc 20.000 Fcfa. Situation similaire avec le manioc et bien d’autres spéculations comme le bananier plantain pour ne citer que ces exemples. On fait avec ce qu’on a espérant qu’un jour, l’état pourra penser aux petits agriculteurs comme nous. Car, même les semences qu’on réussit à acquérir en vrac dans les marchés ne rassurent pas sur la qualité mais, on a pas de choix ». Pour tout cela, l’imagerie populaire pense bien que la matérialisation de  l’agriculture de seconde génération annoncée a encore bien du chemin. Le saupoudrage des actions conduites n’a aucun impact sur l’amélioration des  conditions de vie des populations rurales qui sont pour la plupart des cultivateurs. Et dont leur apport dans l’agriculture permet de ravitailler les marchés locaux en vivres frais. Comment comprendre qu’au moment où le Minader développe le plus de programmes d’appui et d’accompagnement des producteurs sur le terrain, qu’il y a stagnation dans les récoltes créant ainsi le renchérissement des produits sur les marchés. Les programmes se succèdent sans une évaluation conséquente sur l’impact dans l’amélioration des rendements agricoles qui constitue un levier essentiel pour la réduction du coût des produits vivriers dans les marchés. Le régime de plantain où le kilogramme du riz de Ndop sur les marchés locaux, illustrent le rêve de l’autosuffisance alimentaire du Cameroun.


Le nouveau patron de l’agriculture et du développement rural (Minader) est dans son premier galop d’essai, et pour les agriculteurs, les défis sont nombreux à savoir, la disponibilité de la semence améliorée, l’accompagnement et le suivi des agriculteurs à la base. Pour Marcelin Letsina Ndjana délégué d’arrondissement d’agriculture, « c’est une situation difficile pour les agriculteurs. On essaye de les tempérer surtout ceux qui ont les parcelles apprêtées. Par le passé, l’état les octroyait la semence pour vulgariser et susciter l’abondance du maïs pour la consommation humaine et animale à travers la provende et pourquoi pas de nouvelles opportunités de commercialisation dans les industries brassicoles. Avec cela, nous pensons que les problèmes sont restés les mêmes pour l’agriculteur ».    
 

Jacques Pierre SEH
 

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