Affaire Kamto. Scènes de liesse populaire au Tribunal militaire de Yaoundé dans l'Affaire Kamto et Cie

cameroun24.net Le 9 septembre 4976 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Interrompu et renvoyé au 08 octobre prochain suite à un malaise de Penda Ekoka, le procès du président du Mrc et ses alliés s’est ouvert vendredi dernier sur fond de démonstration de sa popularité lit-on dans les colonnes du quotidien Mutations.

 
Les différentes parties prenantes au procès Kamto et Cie qui s’ouvre ce 06 septembre (vendredi dernier) au Tribunal militaire de Yaoundé, sont loin de s’imaginer ce qui les attend. Peu de temps après l’ouverture de l’audience, la présidente de cette juridiction annonce son renvoi en date du 08 octobre prochain, « en raison principalement d’un incident qui s’est déroulé au cours de l’audience. En l’occurrence le malaise qu’un de nos clients, monsieur Christian Penda Ekoka a eu dans la salle », indique Me Sylvain Souob, coordonnateur du collectif des avocats constitués pour la défense de Maurice Kamto, président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), et ses alliés. « On a dû le faire sortir de la salle, on l’a emmené dans la salle de monsieur le commissaire du gouvernement qui a dû mettre sa salle d’attente à notre disposition, où il a été consulté, heureux hasard, par nos clients médecins également en prison. A l’issue de leur assistance, on a donc dû évacuer monsieur Penda Ekoka dans un centre de santé de la place», poursuit-t-il. C’était au cours d’une conférence de presse organisée au terme de l’audience. Me Sylvain Souob se dit préoccupé par  l’état de santé de son client. « Selon les premières constatations, la tension de monsieur Penda Ekoka n’était plus stable. Il a eu subitement une hausse de tension, au point où on a commencé à s’inquiéter du pronostic vital ».

Ce malaise aurait, d’après lui, des causes à la fois immédiates et lointaines.  S’agissant des causes immédiates, l’avocat n’exclut pas la faible capacité d’accueil de la salle d’audience du tribunal militaire. « Tout le monde a constaté l’exiguïté de cette salle où on étouffait pratiquement. Une salle dans laquelle une cinquantaine d’avocats étaient présents, où nos propres clients au nombre de 91 étaient présents, non compris les agents de l’administration pénitentiaire qui les accompagnaient, les gendarmes et la foule. Donc la salle qui est très peu aérée et très peu ventilée a commencé à chauffer. Certainement, cette atmosphère étouffante a pu jouer sur l’état de santé de monsieur Ekoka ». Au sujet des causes lointaines, Me Souob  rappelle que  « monsieur Penda Ekoka a été arrêté le 28 janvier 2019, déporté nuitamment à Yaoundé, menotté comme tous les autres dans des conditions particulièrement difficiles. Il été ensuite enfermé au Secrétariat d’Etat à la défense (Sed). Il était déjà malade d’ailleurs, mon confrère Me Meli est celui qui l’a assisté pendant son interrogatoire au Sed. Les premiers jours, il n’avait pas ses médicaments. Il était difficile de les lui apporter quand bien même nous avons pu avoir accès à lui comme les autres après 72 heures de détention. Même si on a un moral d’acier il est évident que les conditions de détention vont déteindre sur votre santé ».

Mobilisation

Les militants du Mrc se sont mobilisés pour assister au « procès du siècle ». « Même Jésus a été jugé devant le peuple», scandent certains, têtes et bras fixés vers le ciel. Venus en grand nombre pour assister au procès du président national de ce parti politique, Maurice Kamto et ses alliés, les partisans du Mrc sont massés au lieudit « Carrefour Intendance ». Après avoir été empêchés d’accéder  à la salle d’audience, ils sont refoulés par les éléments du Groupement spécial d’opérations (Gso). Lesquels redoutent des attroupements. Nombre de journalistes officiant pour le compte des médias à capitaux privés, ainsi que la presse internationale, ne sont pas non plus admis en salle d’audience.  Ainsi, les policiers postés à l’entrée de la salle des fêtes du Centre artisanal de Yaoundé se déploient pour former un cordon de sécurité. Ils repoussent  les militants du Mrc et installent les barricades à l’effet d’interrompre le passage des véhicules et piétons  sur l’axe carrefour Intendance-Total Elig-Essono.

Déterminés, les militants essayent tant bien que mal de résister aux forces de maintien de l’ordre. 10h22. Un camion de couleur blanche transportant les détenus du Mrc et suivi d’un véhicule  Pick-up avec à son bord Maurice Kamto et ses alliés entre en scène. Au passage desdits véhicules, les militants scandent « Kamto, président ! Kamto, président ! » Depuis les vitres de son véhicule, le « tireur de pénalty » répond aux ovations à travers un geste répété  de la main. Les supporters du Mrc campent sur les différentes artères qui convergent au « Carrefour Intendance ». Des passes d’armes verbales entre ces derniers et les forces du maintien de l’ordre s’accentuent, malgré le rappel à l’ordre de certains cadres de cette formation politique, à l’instar de Sosthène Médard Lipot, secrétaire national à la Communication (Senacom) du Mrc.  D’aucuns sont arrêtés manu militari, puis  conduits vers des destinations inconnues.  Parmi eux, figure le  Senacom. Du reste, l’audience de vendredi dernier s’est déroulée dans une salle surchauffée, où l’on a même vu des personnes jugées entonner des chants de ralliement dès l’annonce du renvoi de l’affaire au 08 octobre prochain. Le sourire en coin, Maurice Kamto accueille avec bienveillance ce spectacle qui frise la provocation.

Suite à l’incident survenu au tribunal au cours de cette première audience, le collectif des avocats de la défense émet des propositions. « Pour la suite du procès, nous avons souhaité que le tribunal, l’administration de la justice militaire que nous récusons, prennent les dispositions pour que le procès puisse se tenir dans des  conditions un peu plus confortables pour tout le monde. Nous les avocats étions également débout. Si on doit passer toute la journée debout alors que l’autre partie d’en face est assise, je crois qu’il y a une sorte de déséquilibre », dénonce Me Souob. Au niveau de la presse, seuls les médias à capitaux publics, ont eu accès à la salle. « Le collectif a souhaité par une demande écrite la publicité de ces débats pour que les hommes de médias soient les médiateurs entre les débats qui vont se dérouler en salle d’audience et les citoyens, au nom de qui la justice est rendue. Nous attendons la prochaine audience pour voir si ces dispositions sont déjà prêtes », explique Me Hyppolite Meli.
 

Florentin Ndatewouo

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