Violence sécessionniste et livre scolaire controversé en vedette dans les journaux camerounais

Cameroun - Revue de presse. Violence sécessionniste et livre scolaire controversé en vedette dans les journaux camerounais

| Nous suivre sur facebook | Nous suivre sur twitter |

La nouvelle escalade de la violence sécessionniste en zone anglophone préoccupe les journaux camerounais parus vendredi, au même titre que le chapitre d’un manuel scolaire consacré à l’éducation à la sexualité les enrage.


Voici une autre semaine de sang et de larmes qui s’achève dans le Nord-Ouest, commence The Post, relatant ces jours noirs de rentrée scolaire connus par les populations de cette région en butte à des assauts séparatistes contre tous ceux qui osent braver leur mot d’ordre de «pays mort».

En 4 jours, 11 civils ont trouvé la mort ici, relate l’hebdomadaire de langue anglaise, sans compter l’attaque d’une banque ou encore l’enlèvement d’un dignitaire traditionnel.

Dans le chef-lieu du Nord-Ouest, Bamenda, c’est un proviseur de lycée qui a également été pris en otage, poursuit Mutations, alors que The Guardian Post décrit «l’horreur dans le département voisin de la Menchum», où 20 corps ont été sortis d’un cours d’eau, 7 autres morts ayant été comptabilisés dans la localité de Fungom alors que la résidence du sous-préfet de Furu-Awa partait en flammes.

Dans cette même région, et selon la deuxième publication citée, ce sont 800 armes à feu illicites qui viennent d’être saisies par les forces de défense et de sécurité.

«Stop à la barbarie !» hurle le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : à la suite du chef de l’État Paul Biya, ils sont nombreux, les diplomates et autres responsables du système des Nations Unies, les leaders politique et de la société civile, les autorités religieuses qui condamnent ces violences et rappellent le caractère sacré du droit à l’éducation libre pour toute personne.

«Longtemps protégés par le regard complaisant de certains observateurs, y compris d’opposants de premier ordre, les sécessionnistes de la partie anglophone, qui s’estimaient martyrs d’une idéologie politique, commencent à exaspérer la communauté internationale et à passer du côté des bourreaux», commente InfoMatin pour qui le combat les sécessionnistes «ambazoniens» était tout, sauf politique, tant leurs exactions ont pris de l’ampleur.

Reprenant la réaction, la veille du représentant au Cameroun du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), Jacques Boyer, qui n’a pas pu cacher sa colère sur la situation chaotique en régions anglophones, le journal prévient que les séparatistes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à travers leurs multiples abus contre les populations, pourraient bientôt se retrouver devant les tribunaux internationaux pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Et voici l’«abomination», cette fois sur le front de l’éducation : Le Messager, sous le titre «Mœurs : la zoophilie enseignée aux enfants», estime que le livre «l’Excellence en sciences», inscrit au programme des classes de 5ème de l’enseignement général, «contient des images scandaleuses de cette pratique répandue sur les réseaux sociaux».

Pour Mutations, c’est «le livre qui fâche» en ce sens que, s’adressant particulièrement à des enfants en bas âge, il comporte des chapitres incitant à la perversion sexuelle et qui évoquent sans fards la sodomie, le cunnilingus, le viol, l’inceste ou encore la pédophilie.

Dans le chapitre prétendument pédagogique controversé, détaille la publication, on retrouve ainsi des termes impudiques tels que «le rapport sexuel par l’anus, puis par la bouche», «tendance à l’attirance sexuelle pour une personne de même sexe», «pratique perverse d’actes sexuels sur un animal», etc.

Si l’ouvrage, malgré la controverse, est bien disponible en librairie, tempère Émergence, il en va tout autrement d’une bonne partie des autres manuels scolaires inscrits au programme pour l’année scolaire qui vient de débuter.

La faute, selon le quotidien, au Premier ministre Philemon Yang, qui a validé la réforme des manuels scolaires entrée en vigueur cette année et qui, curieusement, se terre dans un silence coupable au moment où la pénurie tant redoutée se confirme dans les rayons.

Félix Cyriaque Ebolé Bola

Opinion