Cameroun - Cinéma. ça tourne : Ouverture des Ecrans Noirs 2018 à Yaoundé

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La 22e édition lancée vendredi dernier à Yaoundé, avec une série en guise de «film» d’ouverture...


Une cérémonie d’ouverture classique pour les Ecrans Noirs 2018 ? Pas vraiment. Bien sûr ce vendredi 13 juillet 2018, il y a eu la célèbre montée des marches, mais cette fois à l’entrée arrière du palais des Congrès de Yaoundé (travaux à la façade avant obligent). On a également vu des spectateurs flamboyants vêtus de leurs plus beaux atours (robes de gala pour mesdames et costumes pour messieurs).

Il y a même eu la traditionnelle remise de l’Ecran d’honneur, décerné au cinéaste nigérian Tunde Kelani en hommage à sa carrière prolifique, après le propos incontournable du président de l’Association Ecrans Noirs et délégué général du festival, Bassek ba Kobhio.

Le ministre des Arts et de la Culture, Narcisse Mouelle Kombi, a également prononcé son discours solennel d’ouverture devant un parterre d’invités et de partenaires du festival, rappelant l’importance du thème de cette 22e édition : « Cinéma et politique en Afrique » et tout l’intérêt que le gouvernement camerounais porte au développement du 7e art.

Jusque-là, on reste dans les invariables des soirées d’ouverture de cette grande fête du cinéma africain.  Jusque-là. Passé tout le protocole de l’introduction, les cinéphiles, les vrais, présents dans la salle attendent leur grand moment : celui du film d’ouverture. Sauf que ce moment ne viendra jamais. Car au lieu d’un film, ils verront une série.

Etonnement et même stupéfaction ! Comment peut-on se retrouver avec une série en ouverture d’un des festivals de CINEMA les plus célèbres du continent ? Une série ! « River Hotel » que cela s’appelle, réalisée par Didier Ndenga (France/RDC), et déjà diffusée sur TV5 depuis quelques semaines. Rien d’inédit donc. De sources proches de la programmation, une série en ouverture des Ecrans noirs n’a rien de dramatique relate CT.

« Nous voulions rendre hommage à la série qui, depuis deux ans, a sa propre catégorie dans le festival. Il était également question d’assurer une continuité car nous avons constaté que de plus en plus de cinéphiles s’intéressent aux séries, particulièrement au sein de nombreux ménages. Aussi, nous voulions proposer quelque chose d’intéressant mais pas trop long pour ne pas saturer le public dès l’ouverture », explique-t-on du côté de l’organisation.

On peut le concéder, « River Hotel » a un casting très ambitieux avec des grands noms du cinéma comme Eriq Ebouaney, Majid Michel, Nadège Beausson-Diagne, et des stars de la musique comme Charlotte Dipanda et Fally Ipupa. Mais cette distribution a beau être cinq étoiles et avoir un effet certain d’attraction, elle n’apaise en rien le choc provoqué par ce choix de l’organisation des Ecrans Noirs.

Il était d’autant plus difficile de rattraper l’intrigue, car visiblement ce n’est pas le premier épisode de cette série qui a été proposé vendredi dernier au public. Un gros faux pas de la part des organisateurs de ce festival qui, en deux décennies, s’est pourtant bâti une certaine réputation.

Les projections de longs et courts métrages, mais aussi de films documentaires à Sita Bella, au Centre culturel camerounais, à l’Institut Goethe et à Canal Olympia tout au long de cette semaine, avant la clôture du festival le 20 juillet prochain, tenteront de combler cette impasse et de consoler les amoureux du 7e art. Et pour ceux qui adorent les séries, deux nuits leur seront entièrement dédiées les 17 et 19 juillet, à Canal Olympia Douala et Yaoundé…
 
Monica NKODO
 

Culture

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