Vendredi le 04 Mars 2016 08:02:52 Le Courrier Société

Cameroun - Urbanisme. Les casses enfiévrées de Fritz ntonè ntonè

Le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (Cud) n’en fait qu’à sa tête. Dans une ambiance survoltée, les démolitions vont dans tous les sens.

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Le premier magistrat de Douala a maille à partir avec ses administrés. Une grande partie de ceux-ci, apprend-on, de Malengue au Pk8, seraient déjà sur le point de descendre dans la rue pour manifester leur mécontentement.

En effet, accusé de casses à tête chercheuse, de mauvais état des routes secondaires et de corruption, Fritz Ntonè Ntonè pourrait faire revivre à la cité économique une ambiance ayant des allures de février 2008, comme la colère populaire se tournait contre la cherté de la vie.

Qu’on se rappelle alors comment des émeutiers avaient alors brulé des stations services, saccagé des bâtiments administratifs, s’en prenant aussi aux entreprises internationales accusées de piller le Cameroun.

A entendre les commerçants en colère du marché Congo, l’on n’est pas si éloigné des tragiques journées de février 2008. « A plusieurs reprises nous avons exprimé notre mécontentement contre les incessantes démolitions à tête chercheuse de M. Ntonè Ntonè.

Les casses des immeubles, le mauvais état des routes secondaires qui n’ont pas été entretenues depuis des lustres, pillage en bande (cas de la plainte Me Gaston Ngamka)…Tenez, la luxueuse place des Cinquantenaires située à un grand carrefour de l’arrondissement de Douala 4e (Bonabéri), est en train d’être rasée, pour cause des travaux de la pénétrante Ouest de la capitale économique.

C’est pourtant le délégué du gouvernement himself qui avait choisi ce site et avait supervisé les travaux. Lorsqu’il inaugure ce joyau architectural en mai 2013, en présence du gouverneur du Littoral de l’époque, Joseph Beti Assomo, Fritz Ntonè Ntonè était encore l’un des rares à savoir pertinemment que la place des Cinquantenaires n’avait pas de longs jours devant lui », nous apprend sous anonymat un employé de la Communauté Urbaine de Douala.

Selon des sources au sein de la CUD, il est reproché à Fritz Ntonè Ntonè de ne pas rendre un service de qualité dans ses aménagements sans assuré une gestion rigoureuse des deniers publics.

L’on pense notamment au volet urbanisme et aménagement urbain; équipement et infrastructures d’intérêts communautaire; entretient de la voie principale et signalisation; éclairage public et approvisionnement en eau potable; circulation et transport; parkings publics et parcs de stationnement; abattoirs principaux; marchés et foires; musées municipaux; parcs et jardins, cimetières; etc.

Et ce ne sont pas les moyens qui manquent. Fin 2006, il y a eu des fonds Ppte, des fonds de la Banque mondiale et du C2d. Ce qui a fait bénéficier à Douala de 180 milliards Fcfa. Mais pour quel bilan ? se demande-ton à l’hotel de ville de Douala. A la Cud, il n’est pas rare d’entendre dire que l’édile de la capitale économique n’est pas élu par les habitants, mais plutôt par le pouvoir central. tribunal criminel spécial Il y a un an, Fritz Ntonè Ntonè avait déjà reçu une convocation à se présenter devant le Tribunal criminel spécial (Tcs).

On évoquait alors l’affaire de l’incendie qui a ravagé les bureaux sensibles de l’hôtel de ville de Douala, (aux environs de 23 heures dans la nuit du 6 au 7 avril 2015, ndlr) alors qu’une mission du ministère délégué à la présidence de la République chargé du contrôle supérieur de l’Etat venait d’y séjourner.

Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala depuis le 30 septembre 2006, sa mise en examen pour sa gestion à la Communauté urbaine de Douala est chaque fois repoussée, sans qu’on ne sache trop pourquoi, murmure-ton à l’hôtel de ville de Douala.

Mais toujours est-il que de nombreux indices poussent à penser qu’il pourrait suivre les traces de son prédécesseur, le colonel Edouard Nathanael Etondè Ekotto, interpellé et écroué à la prison centrale de New-Bell à Douala pour sa gestion en tant que président du Conseil d’administration du Port autonome de Douala, puis remis en liberté.

Quoi qu’il en soit ceux qui soutiennent que le médecin Fritz Ntonè Ntonè a plus que jamais peur même de son ombre n’ont pas tort sur toute la ligne.

David Bebey Moukoury
lecourrierjournal@yahoo.fr

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