Affaire Survie Cameroon. Crime d'humanité, ou quand servir une cause humanitaire devient criminel.

cameroun24.net Lundi le 11 Mai 2020 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
La réaction du porte parole de Maurice Kamto

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Crime d'humanité, ou quand servir une cause humanitaire devient criminel.

Départ du Commissariat Central numéro II (Mokolo) de la ville de Yaoundé, il y a un peu plus d’une heure, de l'équipe multiforme en charge d'assister socialement, médicalement et juridiquement les bénévoles de l'initiative humanitaire Survie Cameroon Survival Initiative (SCSI). En effet ces humanitaires, six, œuvrant contre le Covid-19, parmi lesquels une femme malade et deux hommes en convalescence, ont été arrêtés cette mi-journée du lundi 11 mai 2020 alors qu'ils distribuaient généreusement et gratuitement sur la place du marché Mokolo, des masques de protection et des gels hydroalcoolisés anti-Covid-19. Les éléments de police du Commissariat Central de Mokolo vont ainsi procéder à leurs arrestations sur ces entrefaites. Une fois les humanitaires entre les murs du Commissariat Central Numéro II, nombre d'entre eux va déclarer vouloir être interrogé en présence de leur conseil, tout en demandant pour quel motif ils avaient été arrêtés et conduits au Commissariat. Interrompant les auditions de ceux qui souhaitaient la présence d’un conseil, il leur sera permis d’entrer en contact avec eux. C’est ainsi qu’une équipe d’assistance va arriver sur les lieux. Sous le contrôle des conseils présents, et en réaction à la question du motif des interpellations et des auditions en cours des humanitaires, une réponse renversante sera entre autres donnée par une dame Officier de Police Principal en charge de certaines auditions : ''violation de la réglementation en vigueur". Interrogée sur la disposition réglementaire précise qui était ici violée en procédant à la distribution gratuite de masques de protections et gels hydroalcoolisés anti-covid-19, la dame officier dira qu'il faut poser cette question au chef d'unité « aux épaules remplies de galons » et pas à elle. Sur la même lancée les auditionnés diront pour l’essentiel d’entre eux, à leurs proches présents, avoir déclaré sur les Procès-verbaux qu’ils ont demandé ne serait-ce qu’à lire l’arrêté préfectoral d’interdiction ayant été violé, sans que cela ne le leur soit présenté par les policiers.
En clair, ces personnes ont été auditionnées car soupçonnées d'avoir commis une infraction, mais il se trouve que personne n’a pu leur dire avec précision laquelle. "Nullum crimen sine lege", autrement-dit, on ne peut pas parler de crimes sans AU PRÉALABLE UNE LOI qui fixe et définit clairement ces crimes. Ce principe cardinal basique et banal du droit pénal vient d’être, pas seulement violé, mais profané sauvagement par ceux qui ont pourtant la charge de veiller à sa stricte application. Pour incriminer, ou accuser de crime ou délit quelqu’un, il faut viser un texte légal ayant été violé par cette personne et le lui signifier expressément. Il faut croire que ce principe ne s’applique pas devant « les hautes instructions », il s’efface et disparaît dans l’euphorie du respect de la hiérarchie pourvoyeuse des bienfaits de la progression des carrières.
Désormais plus que jamais au Cameroun, vous pouvez donc être condamné sans avoir violé la loi ; être traité comme un criminel sans avoir commis de crime ; être traité de voleur sans avoir commis le moindre vol. Être arrêté de façon parfaitement arbitraire, subir des interrogatoires policiers parce que vous avez porté assistance à des personnes en danger de mort des suites de Covid-19.
Les bonnes âmes de quelques bords qu'elles soient ont ici de la matière pour leur méditation sur la direction que prend notre Pays.
Après avoir tous été auditionnés, des « instructions » venues du ciel hiérarchique ont ordonné la présentation de ces bénévoles humanitaires au Procureur de la République. Le jour étant en train de s'estomper, ces six humanitaires ont donc été gardés pour la nuit au Commissariat Central numéro II.
Au vu de ces faits extrêmement graves, l'on est en droit de se demander si le Régime illégitime de Yaoundé ne connaît-il donc aucune borne à son indécence ? Ne connaît-il pas ce sentiment noble qui règle avec justesse la conduite lorsque le vice du zèle tente de séduire, et que l’on appelle la honte ? Son inhumanité ne se laisse-t-elle donc jamais choir sous le grotesque des situations qu’il génère dans son aveugle et politicienne furie vengeresse et cruelle ? Dans la commission de ces quasi crimes contre l’humanité, ce régime ne réalise-t-il pas qu’il va trop loin trop follement ?
Après avoir acheté d’urgence les médicaments des convalescents, et commandé des plats chauds aux humanitaires gardés, l’équipe multiforme d’assistance a passé des appels en direction de leurs proches et a quitté les lieux après s’être assurée de ce que les gardés ne manquait de rien.
Par ces événements ahurissants, le Cameroun n'est plus seulement une curiosité planétaire, il est en passe de devenir le chantre décomplexé de la cruauté et de l'inhumanité érigées en principe de fonctionnement des institutions publiques. Dans ce sublime Pays à la Présidence-gouvernance hideuse, le juste est persécuté par l'injustice en toute impunité ; le cruel opprime l'altruiste et torture le généreux qui tous deux expriment pourtant leur grandeur d'âme.
La suite de cette écriture en négatif de l'histoire du Cameroun se poursuivra demain avec la comparution des six humanitaires devant le Procureur de la République.
Si jamais vous avez du mal à croire à ce qui précède, dites vous seulement que vous êtes dans le Pays … Du jamais vu !!!

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Crime on behalf of humanity, or when serving a humanitarian cause becomes criminal.

Departure from the Central Police Station Number II (Mokolo) of the city of Yaoundé, a little over an hour ago, of the multifaceted team in charge of assisting socially, medically and legally volunteers of the Humanitarian Initiative Survie Cameroon Survival Initiative (SCSI). Indeed, these humanitarian workers, six, working against Covid-19, among them a sick woman and two men recovering, were arrested this midday of Monday, May 11, 2020 while they were sharing generously and free of charge in the Market Square of Mokolo, protective masks and anti-Covid-19 hydroalcoholized gels. The police elements of the Central Police Station of Mokolo will thus proceed with their arrests on these "incidents". Once the humanitarians are inside the walls of Central Police Station Number II, many of them will declare that they want to be interrogated in the presence of their council, while asking for what reason they had been arrested and taken to the police station. Interrupting the hearings of those who wished for the presence of a council, they will be allowed to get in touch with them. This is how an assistance team will arrive at the scene. Under the control of the counsels present, and in response to the question of the reason for the ongoing arrests and hearings of the humanitarian workers, a stunning answer will be given, among other things, by a senior Police officer in charge of some hearings: "violation of regulations". Asked about the specific regulatory provision that was violated here by proceeding with the free distribution of anti-covid-19 hydroalcoholized protection masks and gels, the lady officer will say that it is necessary to ask this question to the head of unit "with shoulders filled with stripes" and not to her. Auditioned ones will say for the most part of them, to their relatives present, have declared on the minutes that they asked even to read the prefectural order of prohibition having been violated, without this being presented to them by the police.
Clearly, these people were interviewed on suspicion of having committed an offence, but it turns out that no one was able to tell them exactly which one. "Nullum crimen sine lege", in other words, one cannot speak of crimes without first having a law that clearly establishes and defines these crimes. This basic and banal cardinal principle of criminal law has just been violated, not only but savagely desecrated by those who are responsible for ensuring its strict application. To incriminate, or charge a person with a crime or misdemeanor, it is necessary to refer to a legal text that has been violated by that person and expressly serve it on him. It must be believed that this principle does not apply in the face of "high instructions", it is erased and disappears in the euphoria of respect for the hierarchy providing the benefits of career progression.
Now more than ever in Cameroon, you can therefore be convicted without having violated the law ; be treated as a criminal without having committed a crime; be treated as a thief without having committed any theft. be arrested in a perfectly arbitrary manner, undergo police interrogations because you have provided assistance to people in danger of death as a result of Covid-19.
The Good souls of some edges have here material for their meditation on the direction our country is taking.
After all humanitarians were heard, "instructions" from the hierarchical Sky ordered the presentation of these humanitarian volunteers to the prosecutor of the Republic. As the day was fading, these six aid workers were kept for the night at Central Station Number II.
In the light of these extremely serious facts, one is entitled to ask whether the illegitimate regime of Yaounde knows no limit to its indecency ? Does he not know that noble feeling that rightly regulates the conduct when the vice of zeal tries to seduce, called "the shame" ?
it tries to seduce, and what is called shame ? Does his inhumanity therefore never allow itself to be evacuated in front of the grotesque situations that he generates in his blind and vindictive and cruel political fury ? In the commission of these almost crimes against humanity, does this regime not realize that it is going too far too madly ?
After urgently purchasing the convalescents ' medicines, and ordering hot food for the guarded aid workers, the multifaceted assistance team made calls to their relatives and left the scene after making sure that the guarded were not missing anything.
By these staggering events, Cameroon is no longer just a planetary curiosity, it is about to become the uncomplexed champion of cruelty and inhumanity erected in working principles of public institutions. In this sublime country with the hideous presidency-governance, the just is persecuted by injustice with impunity; the cruel oppresses the altruist and tortures the generous who both express their greatness of Soul.
The continuation of this writing in negative of the history of Cameroon will proceed tomorrow with the appearance of the six humanitarians before the prosecutor of the Republic.
If you ever find it hard to believe the above, just say that you are in the country ... never seen before !!!


Bibou Nissack, Porte parole Maurice Kamto

Lire aussi : Comment sont gérés les fond de Survie Cameroun Survival Initiative

 

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Source MINSANTE
Mise à jour 29/07/2020 à 22:28:09

 

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