L'objectif est sans équivoque : porter la capacité de raffinage nationale à 500 000 barils par jour (bpj) d'ici 2030, mettant fin à des décennies de paradoxe qui voyaient le premier producteur de pétrole d'Afrique importer la quasi-totalité de son carburant.
Le directeur général de la NNPC, Bayo Ojulari, cité par The Guardian, n'a pas seulement évoqué la modernisation des usines existantes et la construction de nouvelles unités. Il a tracé une ligne directrice ambitieuse pour tout le secteur : porter la production pétrolière à 3 millions de bpj et lancer de grands projets d'infrastructures gazières. Une feuille de route audacieuse qui signe la volonté du gouvernement Tinubu de reprendre en main la souveraineté énergétique du géant ouest-africain.
Une production en nette renaissance
Cette stratégie agressive s'appuie sur une dynamique déjà bien engagée. Les chiffres officiels le confirment : en juillet 2024, la production nigériane a atteint 1,71 million de bpj, enregistrant une hausse significative de 10% sur un an. Plus impressionnant encore : la croissance a été de plus de 800 000 barils entre juin et juillet seulement. Le budget 2025 table même sur une production de 2 millions de bpj, preuve d'un optimisme retrouvé.
Cette renaissance est le fruit d'une lutte sans merci contre un fléau qui a saigné le pays pendant des années : le vol de pétrole à grande échelle. Le gouvernement attribue cette embellie à la répression accrue des réseaux criminels qui écumaient les pipelines et les terminaux, détournant des milliards de dollars et faisant chuter la production à son plus bas historique, loin des 2,5 millions de bpj atteints en 2005.
La fin de la malédiction du carburant ?
Traditionnellement dominé par les majors étrangères, le secteur voit également l'émergence de champions nationaux. L'entrée en scène l'an dernier de la méga-raffinerie de Dangote (650 000 bpj) a déjà commencé à redistribuer les cartes. Couplée aux investissements pharaoniques de la NNPC, elle pourrait enfin permettre au Nigeria de répondre à sa demande nationale et d'exporter des produits raffinés, tournant la page des pénuries chroniques de carburant qui paralysaient régulièrement le pays.
Alors que les réformes du secteur pétrolier et gazier se poursuivent à un rythme soutenu, le Nigeria semble déterminé à ne plus être seulement un exportateur de brut, mais bien un acteur intégré de la chaîne de valeur mondiale. Le pari est immense, mais les premiers résultats sont là. La course pour le trône pétrolier africain est relancée.
Nigeria Bets $60 Billion to Reclaim Its Oil Throne
The Nigerian National Petroleum Company (NNPC) is on the offensive. In a shocking announcement, the national oil company revealed a colossal $60 billion investment plan aimed at revolutionizing its refining sector. The goal is unequivocal: to increase national refining capacity to 500,000 barrels per day (bpd) by 2030, putting an end to decades of a paradox that saw Africa's top oil producer importing almost all of its fuel.
NNPC's Chief Executive, Bayo Ojulari, cited by The Guardian, not only mentioned modernizing existing plants and building new units. He outlined an ambitious roadmap for the entire sector: increasing oil production to 3 million bpd and launching major gas infrastructure projects. This bold plan signals the Tinubu government's determination to take back control of the West African giant's energy sovereignty.
A Production Clearly on the Rebound
This aggressive strategy is based on an already established dynamic. Official figures confirm it: in July 2024, Nigerian production reached 1.71 million bpd, recording a significant 10% year-on-year increase. Even more impressive: growth was over 800,000 barrels between June and July alone. The 2025 budget even forecasts production of 2 million bpd, evidence of renewed optimism.
This rebirth is the result of a relentless fight against a scourge that has bled the country for years: large-scale oil theft. The government attributes this improvement to increased repression of criminal networks that plagued pipelines and terminals, siphoning off billions of dollars and driving production down to a historical low, far from the 2.5 million bpd peak reached in 2005.
The End of the Fuel Curse?
Traditionally dominated by foreign majors, the sector is also seeing the emergence of national champions. The launch last year of the Dangote mega-refinery (650,000 bpd) has already begun to reshuffle the deck. Coupled with NNPC's pharaonic investments, it could finally allow Nigeria to meet its domestic demand and export refined products, turning the page on chronic fuel shortages that regularly paralyzed the country.
As reforms in the oil and gas sector continue at a sustained pace, Nigeria seems determined to no longer be just a crude exporter, but a fully integrated player in the global value chain. The stakes are immense, but the first results are there. The race for the African oil throne is back on.
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Moussa Nassourou
