Cameroun - Musique. Nyangono du Sud : « La recherche d’un exutoire peut expliquer ce succès » déclare François Bingono Bingono

cameroun24.net Le 5 mars 2019 4754 Culture Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Ethnomusicologue, il analyse pour le quotidien à capitaux privé Mutations ce qu’il convient d’appeler le « phénomène Nyangono du sud ».


Quel regard portez-vous sur le succès qu’enregistre actuellement l’artiste Nyangono du sud ?

L’Africain est comme  exclu de la vie. La mort l’emporte  à 80% sur les moments de jouissance. La vie est si triste, si dure, si douloureuse que l’on se bat pour trouver des petits éclaircis. Ces éclaircis là, on les trouve dans toutes les formes de divertissement comme le chant et la danse. La musique apparait donc comme un support important dans la recherche de l’équilibre psychologique. Les Africains sont les gens de la célébration, du grand divertissement, de la grande joie. Au moment où le Cameroun plonge dans une problématique des troubles sociaux avec ce qui se passe au Nord-Ouest et au Sud-Ouest,  ou encore avec Boko Haram,  nous avons besoin d’exutoire.  On a besoin d’autant de sources de divertissement que possible. Et quand il arrive donc qu’un artiste populaire (proche du peuple) parvient à chanter quelque chose à laquelle le commun des mortels peut se reconnaître, cela ne peut que susciter de l’adhésion. Quand vous écoutez cette chanson de Nyangono, le texte n’est pas écrit par un illuminé,  encore moins un poète. C’est vulgaire. La recherche d’un exutoire et des sources de divertissement sont des raisons qui peuvent expliquer ce succès.

Des artistes et autres mélomanes estiment que donner autant de reconnaissance à Nyangono du sud c’est faire la publicité de la médiocrité aux plans artistique et musical. Etes-vous de cet avis ?

La musique de Nyangono du Sud est une adhésion populaire, une adhésion par la masse.  Ce n’est pas un jury qui lui a donné sa plus grande popularité. La foule est un torrent, on n’arrête pas un torrent. Il se déverse où il veut.  On n’a pas besoin de regarder les normes parce que sinon, aucun jury n’aurait plébiscité cette musique là. Malheureusement,  toutes les adhésions populaires ne sont pas l’objet des jurys. C’est un mouvement d’ensemble qui a éclaté à l’image d’un torrent. On dit de la foule qu’elle est sans foi ni loi. Les mouvements des foules ne sont pas des mouvements normatifs. Ce sont les expressions de la sentimentalité. N’attendez pas que les mouvements de foule proviennent de l’élite. La foule ne tient pas compte des analyses des grands musicologues.

Vous qui avez rencontré les grands artistes, pensez-vous que le succès de ce dernier peut perdurer ou alors ce n’est qu’un épiphénomène ?

C’est un épiphénomène. C’est un succès qui s’inscrit dans le registre de la mode. La mode est essentiellement éphémère, conjoncturelle et ponctuelle. Récemment, nous avons eu beaucoup d’autres événements de cette nature. «Coller la petite» par exemple n’a pas duré 10 ans. Mais cela a été si fort que l’on a sorti des décisions administratives pour l’interdire. C’est la mode, donc ça ne va pas durer.

Lucien Bodo
 

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Mise à jour 30/05/2020 à 20:28:11

 

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