Cameroun - Politique. REMÈDES DIPLOMATIQUES POUR DÉCRISPER NOS AMBASSADEURS

cameroun24.net Jeudi le 14 Mai 2020 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
«Le Prince doit encore considérer, qu’il peut facilement donner à un homme capable qui le sert bien, des moyens de le servir encore mieux,mais qu’il n’est pas en son pouvoir de donner de l’intelligence à celui qui n’en a point».

ADS


François de Callières,
Tout chef de mission diplomatique est soumis à une obligation de résultat et non de moyens et évalué à l'aune de son efficacité sur le terrain.
La grandeur d’une nation se mesure au rayonnement de sa diplomatie et elle incarne un pays, un État, un peuple, une culture, son image.
Subordonnés, attachés et secrétaires d'ambassades, attachés civils et militaires, personnel technique et domestique sont les abeilles ouvrières incontournables qui font tourner l'institution, au service du Cameroun.

Trois principes essentiels que les responsables de la diplomatie doivent garder dans la conduite de l'action diplomatique et la gestion de la ressource humaine.

L'affaire qui a opposé le percepteur et l’ambassadeur, en relation avec la demande de règlement de salaires en espèces, d'une part, et d'autre part, le bras de fer avec le deuxième secrétaire, en charge du renseignements, qui n'aurait toujours pas exécuté l'ordre l'affectant en RDC, ni davantage remis les clés de son bureau et matériel à lui confiées, a défrayé la chronique, trouvant un écho puissant à l'international et dans la presse camerounaise friande de ce genre d'affaires.

Elle illustre la négligence des trois règles rappelés plus haut, à laquelle, l'on pourrait ajouter l'imprudence, vaste sujet pour lequel Thomas d'Aquin a consacré un traité de plusieurs centaines de pages.
Conscient des effets délétères des récents scandales à l’ambassade du Cameroun à Paris sur l'image du Cameroun et de notre diplomatie, les fautifs ont été rappelés et sanctionnés.
Représenter, c'est incarner une présence, offrir la meilleure image possible de son pays.
Représentant personnel du Président de la République, S.E Paul BIYA, et non d'une clique, sous peine de perversion de la fonction diplomatique, accrédité auprès du Chef de l'État Français, et nommé par le Président de la République, l’ambassadeur Alfred NGUINI a oublié une des règles d'or du bréviaire du diplomate:
«s’accommoder aux humeurs d’autrui, sans être soi-même sujet à ses humeurs, à ses fantaisies», comme le rappelait dans un célèbre classique international de la négociation «De la manière de négocier avec les souverains, de l'utilité des négociations, du choix des ambassadeurs et des envoyez, et des qualités nécessaires pour réussir dans ces employés» (1716), François de Callières, diplomate à la trajectoire singulière dans la société française et européenne du XVIIIe siècle, sous le roi Louis XIV.
Après sa nomination le 29 mars 2019, la mission de l’ambassadeur Alfred NGUINI en France, s’inscrivait dans un contexte hostile et à hauts risques, après le saccage et les attaques de notre ambassade à Paris, par une bande armée de sauvageons (B.a.s), rompue au basching.
Ambassadeur expérimenté, il avait été appelé à déployer toute l'énergie nécessaire, afin de jouer un rôle modérateur, visant à résorber les dysfonctionnements relevés et à déployer de  l'habilité, à régler les conflits au sein de la diaspora camerounaise.
Cet exercice de lucidité et d’humilité nécessitait une patience à toute épreuve, une capacité d’écoute et de compréhension des positions des autres, mais également fermeté et force de conviction pour une réponse diplomatique adaptée, sur mesure, pou apaiser les tensions.
Dans les rivalités personnelles opposant un ambassadeur à ses collaborateurs, des non-dits parfois plus irritants, pour une conciliation avec des collaborateurs, valent mieux que des blessures d'orgueil ou des désaccords assumés et figés, qui alimentent des affrontements administratifs, politiques, voire ethniques et entravent tout dialogue. A l'évidence, il a eu du mal à asseoir sa légitimité auprès de deux collaborateurs.
La singularité de l'ambassade du Cameroun à Paris (France) par son fonctionnement, dans le paysage diplomatique camerounais, condamne tout ambassadeur nommé à ce poste à un bon jugement face à un collaborateur de poids.
La valeur stratégique du poste d'ambassadeur du Cameroun en France, le hisse au poste le plus important et le plus délicat au cœur de la diplomatie camerounaise.
Pour ceux qui y travaillent, subordonnés, attachés et secrétaires d'ambassades, attachés civils et militaires, personnel technique et domestique, du corps diplomatique et personnel non diplomatique, comme pour ceux qui l'observent, c'est  un poste entièrement à part.
Son exceptionnalité découle en premier lieu d'une contradiction : une myopie qui fait de l'ambassadeur, un chef de mission, qui n'a pas la main sur les finances et sous contrôle du percepteur en charge des finances, alors que pèsent les plus grandes attentes et exigences sur la conduite de la mission diplomatique et la défense des intérêts du Cameroun et des camerounais dans un environnement, où il s’agit restaurer l'image endommagée du Cameroun.
En l'absence de consensus entre les deux, voire au sein des personnels dépendant de chaque service, la fragilisation du réseau diplomatique est garantie.
En second lieu, les relations souvent tendues entre agents de l’État dans nos représentations diplomatiques, peuvent, à tout moment et sans préavis, se détériorer, alors que les défis du fonctionnement et de la gestion de l'ambassade au quotidien. S'y ajoute le déterminant tribal, qui peut freiner les possibilités d'action, polluer les relations professionnelles, sociales et la vie quotidienne dans l'ambassade.
L'ambassade du Cameroun à Paris est devenue un lieu d'incarnation privilégié de tensions claniques, portant les rancœurs à un degré inédit et un vecteur d'affaiblissement de la diplomatie camerounaise en France.
Il y a quelques années à Marseille, un conflit similaire opposait le consul du Cameroun et la trésorière. L'histoire bégaie et ne fait que se répéter.
Ces facteurs, ne résument pas à eux seuls la crise, qui peut également trouver sa source dans d'autres enjeux politiques, puisque d'autres ambassadeurs y sont passés, sans laisser une trace préjudiciable. Quelques-uns sont considérés comme de grands ambassadeurs, des figures de proue.
Au-delà de la succession des hommes, c'est le fonctionnement de institution de l'ambassade qui pose un vrai problème de fond et mérite à être réinventé, réorganisé, pour assurer la dynamique d'une continuité de l'action diplomatique et de la permanence d'une unité indispensables de notre ambassade à Paris.
Elle doit être le reflet d'une harmonisation dans l'organisation et la gestion de l’ambassade,  pour la valeur ajoutée de l'ambassadeur du Cameroun à l’étranger, à travers la production des idées, des stratégies et des solutions alternatives, que les très hautes autorités à Yaoundé attendent de lui, et plus encore dans cette période agitée par des crises.
Toute action contraire à la diplomatie camerounaise a un impact et agit sur l’image, que se font du Cameroun les autorités et ressortissants du pays d’accréditation, mais, dans le même temps, cette image est le résultat de dynamiques de modernisation réussies ou avortées, qui échappent totalement à l’ambassadeur.
Une réforme apparaît dès lors nécessaire, pour apporter plus de souplesse, en corrigeant certaines inefficiences et accompagner les objectifs d’une diplomatie rayonnante et efficace, voulue par le Président de la République S.E. Paul BIYA.
La création urgente d’une direction des services communs ou d’un poste de secrétaire général d'ambassade, placé à la confluence de toutes les activités de l’ambassade.
Les autorités camerounaises prendront sans aucun doute, en compte la mesure de la crise, d'un environnement géopolitique tourmenté et le malaise de la fracture communautaire camerounaise de France, amplifié par des vulnérabilités intérieures, pour la nomination de futurs représentants, de haut niveau, qui incarneront la présence et le prestige de la fonction.
La mise en œuvre de cette nouvelle organisation se fera par une évaluation préalable de nos ambassades et consulats, sous tous les angles, de la gestion d’équipe au travail politique, en passant par les qualités relationnelles avec les interlocuteurs locaux et la qualité des services rendus à la communauté camerounaise, doit être ordonnée.
Des rapports d’inspection, assortis de recommandations sont indispensables.
Enfin, l’État doit donner plus de moyens au Ministère des Relations Extérieures, pour lui permettre d’engager une réflexion approfondie sur les missions de notre diplomatie, et sur les moyens d’y répondre le plus efficacement, puis proposer et agir, pour ce dessein collectif: une meilleure présence du Cameroun à l’étranger, avec l’ouverture de nouveaux consulats.
Bordeaux a été retenu par le Président de la République Française, pour accueillir les Chefs d’État de 54 pays du continent africain, et 500 exposants africains et français, dans le cadre du Sommet Afrique-France pour les territoires et les villes durables 2020 en France, qui était initialement prévu les 4 et 6 juin, mais reporté sine die, à cause de la pandémie liée au Covid 19.
Le consulat du Cameroun à Marseille est basé dans le Sud-Est de la France et bien éloigné géographiquement pour les camerounais et camerounaises de la Nouvelle Aquitaine.

Parce que le Ministère des Relations Extérieures est le ministère des camerounais de l’étranger et que la ville de Bordeaux, en Nouvelle Aquitaine, compte de milliers de camerounais,  elle mérite d’être dotée d’un consulat général du Cameroun, afin d’être proche de tous, de répondre aux besoins de tous, où qu’ils se trouvent
Cela facilitera les démarches des usagers, outre de plusieurs centaines d’entreprises françaises, qui investissent au Cameroun et qui sont  basées à Bordeaux.

Maître Martin LONGO
Avocat aux barreaux de Bordeaux et du Cameroun
Président de la Commission Politique de la Section RDPC France-Sud
Ancien Premier Vice-Président du C.R.E.A.E.M (Cercle de Ressources et d’Échanges Euro-méditerranéens )
Président de la Commission relations-extérieures et co-développement du C.R.E.A.E.M
Ancien Président de la Communauté Camerounaise de Bordeaux
Ancien Président de l’association Échanges Bordeaux-Cameroun


 

Lire aussi : Mise en garde du chef Sokoudjou Jean Rameaux: Les notables Bamendjou exigent les excuses du préfet des Hauts-plateaux
Lire aussi : Olivier Bibou Nissack : «Nous sommes dans le temps KAMTO au service exclusif du redressement du Cameroun et du salut des Camerounais »
Lire aussi : Un avocat camerounais accuse Julie Oyono de vouloir museler ses compatriotes sur facebook

 

Regardez

SUR LE MEME SUJET : Cameroun - Politique

DANS LA MEME RUBRIQUE : Société

ADS

ADS

Facebook

ADS

CORONAVIRUS AU CAMEROUN
Confirmé : 17255
Décès 387
Guéri: 15320
Actif : 1548
Source MINSANTE
Mise à jour 29/07/2020 à 22:28:09

 

Les plus récents

Cameroun24 Sur Facebook

Rechercher un article