Cameroun - Energie. Voici les comptes et mécomptes de la concession d’Eneo

cameroun24.net Le 16 décembre 2019 2246 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
La plupart des engagements pris par la filiale du fonds d’investissement britannique, qui a à sa tête un nouveau Dg depuis le 28 novembre, n’ont pas été respectés relate Ecomatin.

Depuis le 28 novembre dernier, Energie of Cameroon (Eneo) a un nouveau directeur général, en la personne d’Eric Mansuy. Le Français remplace à ce poste le Camerounais Joël Nana Kontchou, qui était en poste depuis 2014. Il hérite ainsi d’une entreprise au cœur du très névralgique secteur de l’électricité, et qui est demeurée parmi les plus impopulaires du Cameroun du fait de sa qualité de service excessivement approximative. Son prédécesseur a le mérite d’avoir, entre 2014 et 2019, porté le taux d’accès à l’électricité de 56% à 65%. Par ailleurs, Eneo a investi 48 milliards Fcfa entre juin 2014 et juin 2016, dont plus de la moitié dans le segment distribution. En 2014, l’entreprise avait déploré un fort niveau de dégradation du réseau, avec des transformateurs surchargés à 140% et des poteaux qui tombent. Eric Mansuy devra poursuivre le chantier de modernisation du secteur de la distribution de l’électricité, qui est en principe le seul segment qui reste dans son escarcelle. En effet, le réseau de transport a été confié depuis 2017 à la Société nationale de Transport de l’Electricité (Sonatrel), une entreprise de patrimoine. Et le transfert résulte de la nécessité de mise en conformité avec les dispositions de la loi n° 2011/022 du 14 décembre 2011 en vertu de laquelle les activités de transport et de gestion du réseau de transport doivent relever d’une société à capitaux publics gestionnaire. La construction et la gestion du barrage, quant à elles, relèvent des missions de Electricité Developement Corporation (EDC). Toutefois, Eneo continue de gérer les deux barrages hydroélectriques d’Edéa et Song-Loulou, en attendant leur transfert définitif.

A la lecture du bilan d’Eneo aujourd’hui, il apparaît clairement que beaucoup d’engagements pris par la filiale du fonds d’investissements britannique Actis n’ont pas été tenus. Lors de la signature de l’avenant no1 du contrat de concession du secteur de l’électricité à cette entreprise, en 2006, l’Etat du Cameroun et elle s’étaient accordés à rendre effective la réhabilitation du barrage de Song-Loulou, le plus grand qui existe dans le pays avec une capacité installée de 384 Mw. Cette opération n’avait pas été faite et l’Etat a dû la reconduire lors de la signature de l’avenant no 2, en août 2016. Le coût de ces travaux de sécurisation avait été évalué à 11 milliards Fcfa, dans un délai de trois ans. « Les travaux ont déjà commencé. Nous avons déjà accompli les travaux d’auscultation à 70% ; les travaux de génie civil à 5% et les travaux de sécurisation d’électromécanique [système d’évacuation d’eau en cas de creux, Ndlr] ont évolué de 20% », avait expliqué Joël Nana Kontchou à la presse.

Bailleurs de fonds

Trois ans après, le chantier fait du surplace. Or, un diagnostic dressé en 2009 par le cabinet français Isl Ingénierie faisait état de ce qu’une rupture ou un grave dysfonctionnement des ouvrages en béton ou des équipements de la prise d’eau et de l’évacuateur du barrage hydroélectrique de Song-Loulou « n’étaient pas à exclure si aucun confortement n’était entrepris ». Il faut aussi noter que, malgré les nouveaux investissements dans le domaine énergétique, il n’y a pas eu réajustement des tarifs de l’électricité depuis 2012, sauf pour les consommations mensuelles comprises entre 0 et 220 KW. Elles sont exonérées, depuis janvier 2019, de la taxe sur la valeur ajoutée (Tva), d’un taux de 19,25%. Or, l’avenant n°2 susmentionné prévoit la mise en œuvre d’un « mécanisme de réajustement des tarifs sur la base d’une formule de contrôle de revenus. En outre, « il sera désormais possible de mettre en place un mécanisme d’augmentation tarifaire pluriannuelle, qui viendra en remplacement du mécanisme actuel d’augmentation annuelle », indique le document.

L’Etat et Eneo avaient également convenu de mettre en place de nouvelles normes de qualité de service, de nouveaux indices de mesure de la qualité du service et d’un outil approprié permettant de déterminer et de suivre le lien entre le niveau d’investissement et de maintenance. A ce jour, il n’en n’est rien. Eneo éprouve, par ailleurs, toutes les difficultés du monde à lever des fonds à l’international. Avant le renouvellement de sa concession, elle faisait valoir un curieux alibi : avant toute levée de fonds par Eneo, les bailleurs exigeaient l’extension par l’Etat du Cameroun de la concession de l’entreprise au-delà de 2021. Mais bien qu’elle ait obtenu une rallonge de dix ans qui court jusqu’en 2031, elle ne parvient pas à obtenir les 900 milliards de Fcfa promis pour le développement et la modernisation du secteur de l’électricité au Cameroun.

L’Etat, lui aussi n’a pas respecté ses engagements dans le cadre de ce contrat. Notamment, la réalisation de certains investissements dans l’optique de mettre à niveau des infrastructures de transport – la vétusté du réseau basse et moyenne tensions cause des pertes qui culminent jusqu’à 30% de l’énergie produite.

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