Evocation des premiers pas vers l’Etat unitaire du Cameroun

Cameroun - Politique. Evocation des premiers pas vers l’Etat unitaire du Cameroun

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Les acteurs de l’unification avaient voulu passer à une étape supérieure pour construire une nation plus inclusive lit-on dans les colonnes du quotidien Mutations.


Mai 1972. Onze ans après la réunification des parties francophone et anglophone du Cameroun, le peuple est appelé à se prononcer pour ou contre le maintien de l’Etat fédéral. La question se pose d’autant plus que le fonctionnement de l’appareil de l’Etat fédéral et ceux des deux Etats fédérés est devenu lourd pour le jeune Etat qu’il fut. L’entretien de plusieurs structures étatiques n’est plus aisé. Les lenteurs administratives sont indescriptibles.

A 99,9% de voix, le peuple opte pour un Etat unitaire au sortir du référendum du 20 mai 1972. Une option qui transparaît du souci des dirigeants de l’époque de bâtir une nation unie. Même si ici et là, naissent des velléités ou hostilités à la démarche. La construction d’un Etat fort et dynamique ne fait plus de doute. Il faut y aller sans plus hésiter, puisque le bilinguisme peut contribuer à ouvrir les voies du développement. La mutation qui s’opère est historique. La République fédérale cède la place à la République unie du Cameroun. Les deux étoiles jaunes de la bande verte du drapeau qui renvoyaient aux deux Etats fédérés, fusionnent en une seule étoile sur la bande rouge, symbole de l’Etat unitaire. Le Cameroun s’affirme alors comme une seule nation, surtout que la transformation des institutions publiques s’illustre à travers la présence d’un chef d’Etat (Ahmadou Ahidjo, arrivé au pouvoir en 1960), la mise en place d’un seul gouvernement et la formation d’un Parlement unique. Le « Oui » l’a emporté largement.

Ahmadou Ahidjo réussit ainsi à unifier le Cameroun oriental, sous domination française, et le Cameroun occidental, sous emprise britannique. Les autres artisans de l’unification sont, par exemple, John Ngu Foncha, Solomon Tandeng Muna, rescapé à un moment donné de ce qui a été qualifié de « révolution pacifique ». Et comment ne pas citer Simon Pierre Tsoungui et Charles Assale. Avant, la République fédérale du Cameroun comptait une bonne gamme d’institutions : deux Etats fédérés, trois gouvernements, quatre assemblées, trois organes judiciaires.

Intégration nationale

Ladite gamme d’institutions constituait un fardeau pour un pays d’environ 05 millions d’habitants. « Commémoratif du passage de l’Etat fédéral à l’Etat unitaire, le 20 mai représente dans l’imaginaire collectif, le jour de la fête de l’Unité ou de l’intégration nationale », analysait le diplomate, politiste-internationaliste et enseignant associé à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), Louis-Marie M. Nkoum-Me-Ntseny, dans les colonnes de « Les Cahiers de Mutations », parus en septembre 2002. Sans manquer d’ajouter : « Et pour cause : l’acte réunificateur du 01eroctobre 1961 peut, toute proportion gardée, être interprété comme la coalition des intérêts nationalistes sur le chantier de construction d’une case commune anglophone – francophone, et la relative restauration de l’unité perdue après la défaite allemande de 1916 et la partition de fait du Cameroun entre Français et Anglais ».

L’histoire du Cameroun évolue jusqu’au 04 février 1984, lorsque le président de la République, Paul Biya – ex-Premier ministre et successeur constitutionnel de Ahmadou Ahidjo depuis le 06 novembre 1982 -, opère un passage à la République du Cameroun, résultat d’une révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale. « L’apothéose de l’Etat-nation semble atteinte sous le régime du président Paul Biya, avec le changement en 1984, de la dénomination de l’Etat. Cette apothéose se traduit en outre par l’harmonisation des appareils idéologiques et institutionnels de l’Etat et sa territorialisation rigide », pense dans sa réflexion, Louis-Marie M. Nkoum-Me-Ntseny.

Reste qu’en parcourant la circulaire n° 001/AC-AAC/CM du 03 mai 1994, les seigneurs identitaires anglophones estimaient déjà que l’actuelle structure unitaire de l’Etat a débouché sur leur assimilation par les Camerounais francophones. Au soir de 1972, pensent-ils, le Southern Cameroon est une entité inexistante du fait de son absorption, son assimilation. Par contre, les Camerounais francophones ont presque toujours défendu l’idée d’une « diversité pluriculturelle et pluriethnique ». Le débat n’est donc pas clos.
 

Michel Ferdinand

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