Dans un entretien accordé à l’agence Bloomberg, le chef du gouvernement britannique a dénoncé une vision binaire des relations internationales.
« On me demande souvent de faire un choix simple entre les pays. Je ne le fais pas », a-t-il martelé, rappelant qu’il avait déjà tenu ce discours lors de la conclusion d’un accord commercial avec Washington, malgré les pressions pour privilégier l’Europe.
Pour Keir Starmer, la ligne est claire : préserver l’alliance stratégique avec les États-Unis, notamment sur les questions de sécurité et de défense, tout en assumant un dialogue économique renforcé avec Pékin. « Il serait tout aussi déraisonnable de se boucher les yeux et d’ignorer la Chine, alors qu’il s’agit de la deuxième plus grande économie du monde », a-t-il ajouté.
Un déplacement lourd de symboles à Pékin
Le premier ministre britannique se rendra en Chine ce 27 janvier, avant une étape au Japon. Ce voyage marque un tournant diplomatique majeur : Keir Starmer deviendra le premier chef de gouvernement britannique à visiter Pékin depuis 2018, date de la dernière visite de Theresa May.
Selon The Times, près de 60 dirigeants de grandes entreprises britanniques feront partie de la délégation à Pékin. Parmi eux figurent des géants mondiaux tels qu’AstraZeneca, GSK, Standard Chartered, Haleon, HSBC ou encore Rolls-Royce. La ministre des Finances Rachel Reeves et le secrétaire d’État aux Affaires et au Commerce Peter Kyle accompagneront également le déplacement.
Dans un contexte géopolitique tendu, Londres espère relancer ce que certains médias britanniques qualifient déjà de possible « renouveau de l’âge d’or des relations sino-britanniques », une expression popularisée en 2015 par l’ancien premier ministre David Cameron, fervent défenseur des investissements chinois au Royaume-Uni.
Une diplomatie économique assumée malgré les pressions
Ce rapprochement progressif avec Pékin intervient alors que le gouvernement britannique a récemment autorisé la Chine à construire une nouvelle ambassade à Londres, appelée à devenir la plus grande d’Europe. Le projet, controversé depuis 2018, avait suscité l’opposition de riverains et de responsables américains, en raison de sa localisation stratégique à proximité de la City. Londres a finalement donné son feu vert, confirmant sa volonté de maintenir un canal diplomatique fort avec la puissance asiatique.
Pékin prône aussi l’apaisement avec New Delhi
Parallèlement, la Chine affiche une posture d’ouverture régionale. À l’occasion du Jour de la République indienne, le président chinois Xi Jinping a plaidé pour un renforcement des relations de bon voisinage avec l’Inde. Dans un message adressé à la présidente indienne Droupadi Murmu, il a appelé à l’élargissement de la coopération bilatérale et au renforcement des contacts stratégiques.
Selon l’agence Xinhua, Xi Jinping estime que l’amélioration des relations sino-indiennes sert non seulement les intérêts fondamentaux des deux pays, mais contribue également à la paix et à la prospérité mondiales.
Un signal observé de près par l’Afrique
Pour l’Afrique, et notamment pour le Cameroun, cette recomposition diplomatique entre grandes puissances illustre une réalité devenue centrale : le monde multipolaire impose désormais des partenariats pragmatiques, loin des choix exclusifs. Le positionnement britannique confirme que la Chine reste un acteur incontournable de l’économie mondiale, malgré les rivalités stratégiques persistantes.
UK Refuses a Geopolitical Ultimatum: Keir Starmer Bets on China Without Breaking with Washington
The United Kingdom has no intention of choosing sides in today’s polarized geopolitical landscape. Ahead of a strategic trip to Asia, British Prime Minister Keir Starmer has firmly rejected the idea that London must choose between its close ties with the United States and deeper engagement with China.
In an interview with Bloomberg, Starmer criticized simplistic geopolitical binaries. “I am often asked to make a simple choice between countries. I don’t do that,” he said, recalling similar pressure during trade negotiations with Washington, when he refused to choose between the US and Europe.
While reaffirming the UK’s strong security and defense partnership with the United States, Starmer stressed that ignoring China would be unreasonable. “China is the world’s second-largest economy,” he noted, underlining the need for pragmatic engagement.
On January 27, Starmer will travel to China, followed by a visit to Japan. He will become the first British prime minister to visit Beijing since 2018. Around 60 executives from major British companies—including AstraZeneca, HSBC, Rolls-Royce and Standard Chartered—are expected to accompany him, signaling a clear push for renewed economic cooperation.
The visit has raised hopes in London of a revival of the so-called “golden era” of UK-China relations, first promoted in 2015. Despite geopolitical tensions, the UK appears determined to pursue a balanced, interest-driven foreign policy.
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Didier Cebas K.