Concours de musique :La vitrine des jeunes talents

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Mutzig Star, Mtn make the music, Stars 2 Demain sont entre autres compétitions qui révèlent des talents pour en faire de grosses pointures, en dépit des manquements.



Le visage plein de vie et le sourire charmeur, le jeune chanteur Océan Scedryck trouve les mots justes quand il parle de sa musique. Sa carrière a désormais pris son envol et il en est tout ému. Vainqueur de la première édition du concours de musique « Mtn make the music » qui s’est déroulée l’année dernière, il n’en revient toujours pas. Et chaque jour, c’est le bon Dieu qu’il bénit avec une pluie de remerciements. Aujourd’hui, il n’est plus maître de son temps. Les concerts s’enchainent l’un après l’autre. Il ne l’aurait jamais imaginé. Il y a quelques années pourtant, Océan Scedryck encore dans l’ombre, ne réussissait même pas à s’offrir une plate-forme d’expression fut-elle gratuite. Les lieux et les endroits pour se produire se faisaient rares, quoique bourré de talents dans ce domaine qui le passionne. Il lui aura fallu un élément déclencheur afin d’être propulsé au-devant de la scène. Car, comme le souligne Wade Pierre, manager d’artistes, «  en dépit de la chance, le succès, on le cherche ». « Mtn make the music », cette compétition musicale qui vise à accompagner les jeunes talents de la musique camerounaise a bien marqué les points à sa première sortie. La kyrielle de promesses, comme savent si bien le faire les promoteurs, a été respectée. « En tant que vainqueur de cette compétition, j’ai reçu un million de Fcfa en plus de mon single et la réalisation de mon vidéogramme », confirme le chanteur Océan Scedryck. Voilà un jeune artiste qui vient de voir sa carrière décoller.



A travers ce concours de la chanson, il acquiert ainsi la visibilité tant recherchée. « Je suis désormais invité à tous les grands évènements organisés par Mtn ; j’ai un contrat avec une maison qui fait dans la vente et la promotion de musiques en ligne, en plus de nombreux autres avantages », énumère le chanteur à cœur joie. « Mtn Make the music » qui est le nouveau-né dans le secteur des concours de musique au Cameroun, n’est pas le premier à révéler des talents. Depuis vingt-cinq ans déjà, les Brasseries du Cameroun, au travers de leur marque Mützig, contribuent à dénicher et à révéler les talents et les futures stars de la musique camerounaise, parmi de nombreux amateurs n’ayant jamais commis une oeuvre sur le marché. De Longuè Longuè à Belka Tobis, en passant par Rosy Bush, Prince Afo Akom, Big Benji, One love entre autres, « Mutzig Star » constitue au fil des ans un réservoir de talent. De jeunes chanteurs qui, au-delà du talent brut, ont des attitudes professionnelles. « Mon passage à Mützig star m’a permis d’être un vrai professionnel, d’être moi-même et de trouver ma véritable voie dans ce domaine. Durant la tournée nationale que j’ai effectuée, j’ai côtoyé des grands noms de la musique camerounaise. Durant cette même tournée, j’ai appris à jouer du live, qui m’est bénéfique tout au long de ma carrière », se souvient One Love, rappeur.

Stars 2 Demain

A côté des concours de musique qui jusqu’ici ont toujours su accompagner les jeunes talents, d’autres par contre ont fait des chemins en dents de scie. L’on se souvient de la grande réputation du concours de musique « Stars 2 Demain » qui, en 2006, a révélé au public le jeune chanteur Achallé. Lequel a bénéficié d’un accompagnement grandeur nature et d’une visibilité remarquable. Après la sortie de son premier album  « Feelings » avec son titre à succès « chanter », la suite de la carrière de ce dernier s’est poursuivie dans l’ombre. Achallé ! Peut-être un coup de chance car, il est le seul de sa génération à avoir bénéficié au moins de la production d’un album par les promoteurs. Marguerite, lauréat en 2007, Léonie en 2008 et Danielle en 2009 n’ont pas été produites par ce concept qui, pourtant, garantissait la production d’un album chez le lauréat.

Qu’en est-il donc de la pérennisation ou encore de la crédibilité de certains concours de la chanson ? Selon Pierre Bayiha Njock, manager général d’artistes, « les concepts qui se meurent souffrent souvent d’un manque de politique réelle de développement de carrière ».

Ce qui entraîne dans la plupart des cas un manque de suivi des artistes lauréats à qui on promet le plus souvent l’ascension de la carrière. « Toutes les promesses qui m’ont été faites lorsque j’ai remporté le prix découverte au Festi-Bikutsi n’ont pas suivi », confie David Baliaba, indigné. En effet, ce dernier devrait bénéficier en tant que vainqueur de cette compétition de l’enregistrement de son single, la réalisation d’un vidéogramme, une promotion d’un an et une programmation dans un ensemble de spectacles officiels au Cameroun. Mais hélas !

Ce genre de désagrément de plus en plus observé au sein des concours de musique, tend à tuer les talents dénichés, plutôt qu’à les révéler. « A force d’attendre que le festi-bikutsi réalise ses promesses, j’ai perdu beaucoup de temps à faire avancer les choses de mon côté. Heureusement, j’ai su me rendre compte à temps que j’étais dans un rêve », affirme le prix découverte Festi-Bikutsi 2014. Le point positif est que, malgré les promesses non tenues, David Baliaba reconnaît néanmoins que cette compétition a, d’une manière ou d’une autre, contribué à booster sa carrière. Au final, le challenge est de pouvoir maintenir la barre haut, telle qu’elle a été fixée. Equation à laquelle beaucoup de jeunes chanteurs révélés au travers des concours de la chanson font face.


 

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